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Mes racines sont en Algérie, mon coeur est en France, mon esprit est comme un arc en ciel au dessus de la méditerranée. Claude Garcia.


Sauvons la Casbah d'Alger

AMIS PIEDS NOIRS ET ALGERIENS, freres de terre ! Un colossale patrimoine de l'Humanité est entrain de disparaitre un peu plus chaque jour. Comment un pays si riche, patrie de Racim, de Dinet, d'Abd el Kader peut laisser s'engloutir cette citadelle bâtie sur un site unique au monde. Comment les dirigeants Algériens peuvent ils laisser disparaitre 1500 ans d'histoire alors que celui qui sauverait la Casbah d'Alger s'illustrerait et accèderait par ce geste au premier rang des grandes figures de l'Histoire comme Hassan II ou François Mitterand. Dans peu de temps la Casbah d'Alger sera remplaçée par des building, c'est peut être là l'objectif inavoué de certains visionnaires d'une algérie nouvelle que nous ne reconnaissons et ne comprenons pas. Ce ne sont pourtant pas les grands hommes ni les moyens qui manquent en Algérie.

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 pieds noirs

merci à guy SL

  • bapceres
  • Samedi 26/04/2008
  • 19:15
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Sujet : Pieds noirs?
 

 

Maintenon, y a des choses que tu peux pas les dire,
Des mots que comme insultes, oualou, y'a pas plus pire !
Appelle un, n'importe où, négro, youpin, bicot,
La police, le procès y z'arrivent aussitôt !
Y'a les ligues qu'elle défilent et tout l'monde y s'déchaîne !
La honte elle est sur toi, t'y es bon comme la romaine !
A côté d'ça, t'y a le droit, même c'est recommandé
D'appeler « pied-noir » un qui t'a rien d'mandé !
S'plique moi la différence, aousqu'elle est l'astuce ?
Sauf qu'pour noyer son chien, on dit qu'il a des puces…
Suppose qu'les marseillais on s'les nomme « blague à mort »,
Les bretons « tête de mule », « Bazouk » les gens du nord,
Les parisiens « gros bec », les auvergnats « rapia »,
Les toulousains « saucisse », les corses « vendetta »,
Quel beau sac d'embrouilles pour parler des Français !
Combien de tchaklalas pour combien de procès…
Au sujet des Pieds-noirs, rapport à l'étiquette,
Y'en a qui z'ont sarché, y z'ont fait des enquêtes
Qu'on dirait le concours du tchalef le plus gros !!!
Personne y peut prouver ça qu'y disent, ces falsos…
Un, il accuse les zouaves, les « pieds-noirs » pleins d'la boue…

   
   
     
 

Un aut', y s'leur répond « c'est à dormir debout » !!!
« Moi, j'dis que les raisins que les pieds y z'écrasent
S'les sont peints en noir… Pas la peine d'faire des phrases !!!

Embrouillounes que vous êtes, un troisième il ajoute :
C'est rapport au charbon des marins dans la soute,
Que, bessif, les pieds noirs y z'avaient quand y sortent…
Personne y peut m'enl'ver cette preuve que j'apporte !
On était tous babaos à s'poser des questions
Quand d'un coup y'en a un qui lance sa solution :

On descend d'Amérique, des tribus, des indiens,
De ceuss qu'on a chassé, nous aut'es comme des chiens…
On s'les appelait « blackfeet », peignaient leurs pieds en noir,
Tribus comme « œil de lynx », « sioux » ou « faucons noirs »…

Je ne trancherai pas parmi ces hypothèses,
Il n'y a pas matière à présenter une thèse.
Ce pseudo sobriquet, vulgaire, péjoratif,
Quelque soit l'employeur, la raison, l'objectif,
Nous fut attribué pendant l'Indépendance
Par un large consensus du mépris de la France…

 
   
     
 

Afin d'édulcorer ce terme peu flatteur,
Certains se plaisent à dire qu'il n'est pas réducteur…
Pourtant traiter quelqu'un de « pied » ou « d'imbécile »
Est d'une équivalence ni fortuite, ni subtile…

Le « noir » incarne le deuil, l'obscurité, la crasse
Et conforte l'anathème, l'injure, la disgrâce...

Mais ces vains subterfuges nous laissent convaincus
Que « Pieds-noirs », à dessein, synonyme de « vaincus »,
Est ce terme foncier que la France affectionne
Distillant le venin que l'hypocrisie donne…

Ces manœuvres mesquines, misérables et sans gloire
Ne parviendront jamais à falsifier « L'Histoire »…
Les français d'Algérie quelle qu'en soit l'origine
Ont des critères palpables, des vertus synonymes
De vaillance, de courage. Du fond de leurs entrailles,
Issus des bâtisseurs et des champs de bataille,
Contre vents et marées, ils ont pourvu la France
D'une œuvre colossale jusqu'à… l'Indépendance …

Etienne-Pierre MUVIEN

 

 

 
     
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 Alger toujours sera dans nos pensées...

  • bapceres
  • Mercredi 16/04/2008
  • 05:21
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NOSTALGIE

Il y avait un pays bien -aimé,
Au ciel bleu d'azur et au sable doré.
Nous marchions les pieds nus tout le long du rivage,
Le soleil sur la peau et le vent au visage.
Nous plongions notre corps dans la mer cristaline,
Et le soir nous dansions au son des mandolines...
Ce fut un temps jadis quand nous avions vingt ans,
nous étions jeunes et beaux comme un jour de printemps...
Terre de notre enfance où nous sommes nés,
d'où un cruel destin nous a déraciné,
Nous étions tous unis, on nous a divisé,
Et par le monde entier nous sommes parsemés.
Les jours se sont enfuis et nous cherchons en vain
Ces moments si précieux d'un passé si lointain...
Malgré l'envol du temps et les ans écoulés
Alger toujours, sera dans nos pensées !

nous cherchons l'auteur de ce poème

 Christian SIRVENTE nous raconte...notre pays.

Vidéo

  • bapceres
  • Jeudi 29/11/2007
  • 16:25
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Nous évoquons l’Algérie avec quelqu’un qui n’y est pas retourné depuis 1962.
Il y a quelques mois, il a décidé d’effectuer un voyage dans son pays natal.
Nous l’avons rencontré précisément en avril, juste avant son envol.
L’appréhension du retour aux sources et la menace terroriste ne découragent pourtant pas ce médecin, né dans la région d’Oran.
Nous l’avons ultérieurement retrouvé pour une seconde interview, postérieure à cet étrange pélerinage.
Ici, voici la partie I de son périple : la quête...





http://www.vox-populi.net/article.php3?id_article=469


 chrob athei

L'art de faire le thé

  • bapceres
  • Dimanche 30/09/2007
  • 09:45
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Une autre manière de voyager
Recette d'un blédard
H.B



Bismella
Bien laver la menthe et pour la conserver une bonne semaine sans que les feuilles noircissent, bien la sécher dans un linge et la mettre dans un sac en plastique en bas du réfrigérateur.
Mettre deux pincées de thé vert dans le fond de la théière.
Faire bouillir l'eau et rincer le thé pour le nettoyer de sa poussière et éviter que le breuvage soit acre.
Prendre une bonne poignée de menthe, la déchiqueter avant de la mettre dans la théière,
Mettre quatre cuillères à soupe de sucre, les vrais amateurs trouveront chez les épicier de chez nous de véritables pains de sucre.
Verser l'eau frémissante mais non bouillante jusqu'à ras bord,
Attendre quelques minutes et mélanger le breuvage en remplissant un verre et en le revidant plusieurs fois de suite dans la théière.
Cette recette citadine vous permettra d'obtenir un respectable breuvage.

Maintenant si vous êtes vraiment un bledard... trouvez un kanoun, une théière en fer émaillée que vous remplirez d'eau cherchée à la source et que vous mettrez directement sur la braise.
L'eau aura une saveur particulière de fumée.
Quand l'eau commencera à frémir, mettez la menthe en prenant toujours soins de la déchirer,
mettez quelques blocs de sucre et laisser quelques instants la théière sur la braise pour que le sucre caramélise.
Mélanger toujours de la même manière et...
Pour les vrais "beldis" ajouter une branche de Fliou, de shiba (variétés d'absinthe) ou simplement une fleur d'oranger... et là...vous m'en direz des nouvelles.
Si par hasard vous avez la chance d'avoir une brave grand mère algérienne à proximité de votre bled, vous pourrez accommoder vos petits déjeuners dominicaux de bons pains parsemés de grains d'anis, de crêpes fines (msémènes) et d'une multitude de gâteries bien de chez nous ... avec bien sur ...sans oublier le traditionnel hamdullah.

 



 RSTA

  • bapceres
  • Dimanche 16/09/2007
  • 09:45
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Voici une photo inédite des premiers tramways électriques


Qui peut situer l'endroit ? Derrière:"La Belle Elégante". En haut à droite un bâtiment à l'architecture ancienne.
Bd de la République vers l'Aletti ?

MP3CHAYAT.mp3

Quand j'étais p'tit à Bab el Oued
Chanson interprêtée par notre compatriote Raymond Chayat injoingnable sur le net et à qui nous n'avons pu demander son accord.

 Allez faire un petit tour en "Scotter" dans Alger.

Une vidéo de février 1962.

  • bapceres
  • Vendredi 14/09/2007
  • 04:56
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http://www.dailymotion.com/group/70266/video/x2yb71_alger-1962-scooter_auto
                                                           
                                                       

 Envoi de Corinne Tufféry

Documents d'époque

  • bapceres
  • Jeudi 14/06/2007
  • 20:07
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Monsieur SEBAONI, certainement le frère, avait un magasin de matériel électrique dans la rue Rochambeau juste à côté de la coure des miracles, face à la rue Dombasle. A quelques mètres d'une fontaine qui épanchait notre soif lors de nos match de foot.
Il avait également un magasin à l'angle à l'angle de la rue Mazagran et du bd Malakoff, à deux pas de chez Izoo.
C'était le dépositaire de la marque Clarville. C'est chez les Sebaoni, j'allais à l'école avec le fils, que j'ai vu pour la première fois un poste de télévision.


En face de chez Jules, à l'angle de la rue Barra, l'établissement DISCOPHONE fut la première grande surface à vendre à crédit, on disait à l'époque acheter à "tempérament".
L'enseigne de Discophone était encore là en mai 2006. je ne l'ai pas retrouvé en mai 2007.









Les commentaires et indications seront les bienvenues


















Ces vieux papiers font également parti de notre histoire, envoyez nous vos vieux documents avant qu'ils ne finissent dans une poubelle.


        



 Hommage à Alain Mimoun

Un grand sportif

  • bapceres
  • Samedi 31/03/2007
  • 15:08
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http://marathoninfo.free.fr/jo/interview%20mimoun.htm

 Bab el Oued

La porte de l'oued

  • bapceres
  • Mardi 04/07/2006
  • 07:11
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Quand j'étais p'tit à  En arabe la porte de l’oued, ce faubourg populaire d’Alger doit son nom à un oued qui a été recouvert et qui se trouvait jadis avenue de la Bouzareha.( bou = père, z’rhéa = graine)

Cette agglomération de 80 à 100 000 habitants essentiellement issus de la classe ouvrière était composée de juifs, de maltais, presque toujours commerçants ou prestataires de services, d’espagnols, d’italiens plutôt pauvres et d’arabes, les plus démunis.

On trouvait aussi des origines corses, alsaciennes et françaises, ainsi que de nombreux mozabites. Ainsi retrouvait on des mélanges de races dont ma famille ne fut pas épargnée avec des Pollet, des Bapcères, (origine basque), des Haro, des Pappalardo, et des Hafiz.

Plantée au pied de la carrière Jaubert qui allait donner à la ville d’Alger sa renommée d’Alger la Blanche, ce cantonnement de carriers qu’il fallait nourrir et pourvoir en fournitures de toutes sortes attira des commerçants juifs, maltais et mozabites.

Ensuite arrivèrent les pauvres pêcheurs italiens, principalement napolitains, des espagnoles et en dernier lieu les républicains espagnols qui acculés à la mer optèrent pour une salutaire traversé.

Avec bien souvent pour seuls bagages leurs coutumes et leurs traditions  tout ce monde cosmopolite était heureux de redémarrer dans ce nouvel exil, une vie pleine de promesses. Ils  avaient tous un but commun : Réussir.

A part son nom exotique, ce quartier n’avait rien d’oriental. De grands immeubles Napoléon III bâtis sur de larges avenues débouchant sur des esplanades et jardins en escaliers  surplombaient des  panoramas sur la mer à vous couper le souffle. En fond sur la plus haute des collines, sur fond de ciel azur, Notre Dame d’Afrique. En cent ans, ce qui fut un exploit pour l’époque, cet immense territoire rural devint un faubourg puis une véritable ville à la porte de la capitale, avec ses quartiers bourgeois pour les plus aisés, des quartiers plus simples pour les autres et enfin des cités nouvellement créées, genre HLM, pour les derniers arrivés. (HBM. habitations bon marché).

Loin des riches quartiers bourgeois de la capitale, ces faubouriens dépassaient rarement le quartier Nelson, qui finissait au lycée Bugeaud et qui était la frontière qui nous séparait de la ville d’Alger. Vivant en vase clos, presque ghetto et souvent raillés par les Algérois intra-muros, la société « babeloudienne » allait être dominée par l’influence espagnole du sud, mahonaise et italienne. Donnant naissance à un langage populaire, imagé et pittoresque, un nouveau style de folklore et un nouveau parlé immortalisé par le personnage de Cagaillous naîtra. Bien plus tard la famille Hernandez fera connaître cette exubérante société aux origines diverses et à l’incroyable culot d’afficher des sentiments pourtant sincères de leur francité.

 

Les nombreuses églises de Bab el Oued accueillaient une foule de nombreux paroissiens, en majorité d’origine italienne et espagnole. Les plus zélés, et ils étaient nombreux, manifestaient une dévotion qui frisait l’exhibitionnisme et la superstition. Les pèlerinages et les interminables processions à Notre Dame d’Afrique étaient célèbres et les nombreuses « mama » italiennes ou espagnoles traînaient manu militari leur progéniture pendant que leur mari, discutaillaient sport ou politique devant les comptoirs emplis de kémias des grands cafés du quartier. Certains pèlerins ironisaient-on  partaient de l’avenue des consulats à pieds ou même à genoux. D’ autres pour mieux expier leurs pêchers mettaient du gravier dans leurs souliers, d’autres encore des pois chiches… que les plus malins faisaient cuir avant de partir. Les 6 km qui séparaient le point de départ à la basilique étaient arpentés dans un concert de louanges, de prières et de chants.

Le Bab el Oued des cafés et des brasseries tenait une place importante dans la vie de tous les jours. L’anisette et la khémia agrémentaient ces longues soirées qui débutaient généralement vers 18h30 et qui réunissaient toujours les mêmes habitués. Les patrons de café en vrais professionnels rivalisaient d’ingéniosité pour attirer cette clientèle.

Le Grand Café Riche avait pour spécialité les frites et les escargots, Chez Henri c’était les beignets de poisson, le poulpe ou la sépia, souvent devant le bar, sur deux ou trois rangs, les clients tendaient leurs verres pour se faire servir. Et dans cette ambiance survoltée c’était souvent le foot ball qui déchaînait les discussions les plus  passionnées. En ce temps là la politique n’était pas à l’ordre du jour, ce qui n'empêchait pas Bab el Oued d'être un bastion communiste.

L’invective, l’affront, l’offense, l’injure tenaient une place importante, typiquement masculine et latine dans la vie de tous ces gens simples et souvent analphabètes, prêts à se passionner et à s’exprimer pour un match et bien plus tard pour la politique. Ces frères ennemis, supporters de l’ASSE ou du GSA oubliaient leurs querelles sportives permanentes pour aller affronter avec le même chauvinisme les équipes de Sidi Bel Abbes ou d’Oran.

Les épouses, quand à elles préféraient les grandes salles de cinéma  qui se remplissaient comme par enchantement dès qu’un film de Luis Mariano apparaissait sur des affiches avantageusement hispanisées. La cuisine tenait une place importante et donne encore de nos jours une idée de la richesse culinaire de notre région. Cuisine juive, arabe et méditerranéenne donnera naissance à une nouvelle gastronomie toujours très appréciée et dont le couscous deviendra le plat national des français.

Symbole de l’absurde et désillusion de tout un peuple face à l’incompréhension de l’histoire, les pieds noirs de Bab el Oued allaient supporter et payer chèrement la politique scabreuse du  et l’intransigeance sournoise et aveugle d’un  plus grand fabulateur qu’eux, Charles De Gaulle.

Orientée par quelques familles qui se partageaient le pays, une politique incohérente entraînera tout un peuple à basculer dans le camps de la rébellion, cela dans l’indifférence la plus grande d’une métropole trop occupée à reconstruire l’après guerre.

A Bab el Oued comme partout ailleurs différentes castes sociales se côtoyaient. Les derniers arrivés étaient les plus pauvres et vivaient dans des quartiers bien délimités et construits spécialement pour eux, c’était par exemple le cas des gitans qui avaient remplacé dans les baraques de la Consolation, les italiens qui occupaient désormais les habitations" à bon marché "qui s’étendaient de l’avenue des consulats à la consolation. D’autres plus anciennement établis occupaient les beaux quartiers de Bab el Oued, l’avenue de la Marne ou la rue Borély le Sapie. Les quartiers neufs des hauteurs de Bab el Oued  commençaient dès les années cinquante à accueillir les familles arabes qui peuplaient les bidons villes avoisinant. Une tardive mais véritable politique de logements sociaux se mettait progressivement en place, mais c'était déjà trop tard.

Tout ce monde vivait bruyamment et en friction constante qui se manifestait très tôt sur les bancs de l’école républicaine et plus tard sur les terrains de sport.

J’habitais au premier étage de la rue Mazagran, entre les escaliers du Marignan et l’avenue Malakoff. Notre immeuble de cinq étage était une grande maison familiale où régnait un esprit  « kibboutzim » où chaque locataire avait vu naître plusieurs générations d’entre nous. Serrour , Manuguera, Figarolla, Chocart, Ousillou, Hadjaj, Chouraki, Pulsonne, Cohen, Gomez, Torres, Assaya, Caillemaris, Lascar, Réallé…il fallait être d’une grande politesse et les embrassades étaient nombreuses. Quand un enfant de la maison était malade, il devenait immédiatement le centre d’intérêt de toutes ces familles qui manifestaient leur solidarité et leur inquiétude par des envoies spontanées de pâtisseries orientales, juives et arabes. Chaque petit pieds noirs se retrouvait ainsi avec une multitude de tantes et d’oncles, de grands-mères et de grand pères qui au fil du temps continuaient de considérer ces enfants devenus adultes comme leur famille. Et ça ! c’était magnifique !

Tout ce monde vivait en parfaite intelligence et la rue faisait partie de notre vie. Commissionnaires arabes, marchands d’habits (ancêtre du fripier et du brocanteur), vendeurs de figues de barbaries, de tramous, de bli-blis, clochards du quartier (qui étaient des SDF privilégiés) qu’on appelait aussi « des kilos » faisaient partie de cette grande comédie où il n’était pas rare, au temps de l’Algérie heureuse, que l’un d’entre eux, Saïd ou Kaddour, sous le balcon de ma  , et à la grande joie d’un nombreux public toujours disposé à rire, s’époumone en criant : « Mémé, lance moi cent-sous !

A BeO les fêtes étaient nombreuses, chrétiens, musulmanes, juives. Chaque fête était marquée par une participation collective et par des échanges de nourritures. Je me souviens des fiançailles de Josiane Hadjaj où par tradition juive on nous mettait du hénné dans la main, de ces passages obligés chez le coiffeur du quartier lors de la barmitza de nos petits voisins, les mariages étaient les plus belles fêtes et j’ai encore le souvenir de Lili Boniche descendant les escaliers de notre maison en jouant du violon, c’était toujours pour le mariage de la fille Hadjaj.

A Bab el Oued nous avions le sang chaud. Depuis il s’est à peine refroidi.

Un regard trop pesant, une remarque à peine déplacée, un mot de travers risquait à tous moments de déclencher une émeute. Ce goût ibérique du courage se développait très tôt et l’école républicaine était un excellent terrain d’entraînement. Nos maîtres nous montraient l’exemple en exerçant une éducation musclée où le sens moral avait une place importante. Il en était de même pour nos curés. Tous ceux qui se souviennent du père Streicher de St Vincent de Paul pur alsacien et pieds noirs dans l’âme garderont même adulte un souvenir de frayeur, de respect et une grande estime pour ce personnage hors du commun qui maniait aussi bien le goupillon que le coup de pieds au cul. Nos curés étaient à notre image ; turbulents.

Tous ce monde que l’on adorait et que nous craignons représentait pour nous un univers que nous assimilions à ce pays lointain qui nous fascinait et que béatement nous vénérions. La France. Nous ne savions pas que nous nous trompions.

Gabriel Conessa, journaliste et enfant du quartier , auteur d’une livre émouvant sur Bab el Oued exprime un sentiment que nous partageons tous en soulignant que paradoxalement c’est à Bab el Oued, véritable creuset de races et de religions confondues, que la guerre n’aurait jamais du avoir lieu. Et c’est là que le plus grand choc du drame algérien s’est produit.

Tous ces  français « à part entière », dont certains s’exprimaient encore difficilement dans leur nouvelle langue, tout ce petit monde à peine ressorti de la misère,  persuadé d’appartenir corps et âme à la nation française ne put comprendre l' abandon soudain d’une    à qui il avaient plusieurs fois prouvé leur attachement.

Leur histoire passée largement amplifiée et exploitée  par une propagande savamment dosée et orchestrée, d'abord par l’antenne gaulliste d’Alger et ensuite par une gauche proche du gaullisme, allait pousser ces simples gens à la révolte et au refus d’admettre d’autres solutions plus réalistes.

Tous ceux qui ont vécu l’histoire de ce quartier ne pourront pas oublier les manipulations et les manigances gaullistes qui devaient aboutir au 13 mai. L’attentat de la rue de Thebes, l’affaire du Bazooka (M.Debré), l’enterrement d’Amédee Froger ou le départ de Jacques Soustelle. Par son engagement inconditionnel de rester français, Bab el Oued allait devenir un réservoir d’activistes qui devaient faire de ce turbulent faubourg, le jour au De Gaulle changera de politique, le bastion de l’Algérie Française.

Les derniers mois de l’Algérie Française resteront à jamais gravés dans nos mémoires.

Le blocus du quartier par des troupes commandées par le petit général Ailleret fut d’une sauvagerie encore aujourd’hui dissimulée. La répression fut sanglante, impitoyable. Le quartier fut bombardé par hélicoptères et chasseurs T6, la troupe française composée de gardes mobiles, des droits communs recrutés dans les prisons contre remise de peine, s’en donneront à cœur joie. Fouilles, perquisitions, arrestations, tortures ne permettront pas d’arrêter le général Salan qui s’échappera du camps retranché déguisé en pompier. Les gendarmes se vengeront sur le petit peuple de Bab el Oued qui se défendra en répondant par la même violence. Plus de 100 morts parmi les civils. Bab el Oued en prenant un air de Budapest occasionnera l’une des plus grandes manifestations pacifique qu’ait connu l’Algérie et qui sur ordre se terminera par un carnage prémédité le 26 mars 1962, rue d'Isly.

Dès lors commença une politique de la terre brûlée, toutes les parties concernées allaient se déchirer, s’entretuer et creuser de plus en plus un fossé entre ces desespérados qui refusaient de quitter leur terre et un gouvernement décidé à en finir à n’importe quel prix.

Le 26 mars sera l’ultime tentative des pieds noirs à manifester leur attachement à la France. L’armée française les laissera passer deux barrages, les encerclera et leur tirera dans le dos. Le massacre aura duré 12 minutes laissant sur le tapis 82 morts, hommes, femmes et enfants.

Ce crime prémédité allait déclencher un exode difficile et une arrivée inoubliable sur le sol métropolitain.

L’Algérie n’existait plus. Les pieds noirs avaient perdu leurs illusions et allaient devoir réapprendre à reconsidérer objectivement la France, un aspect de ce pays que finalement nous ne connaissions pas.

En s’amputant de l’Algérie dans les pires conditions, la France se plaçait « en état de pêché mortel » avec un châtiment mérité qui semble hélas aujourd'hui inévitable.

Cette France marâtre, "ce noble et beau pays", selon la formule consacrée, deviendra pour un million d’entre nous qu’un souvenir lointain.

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 ALGER

La ville blanche

  • bapceres
  • Dimanche 02/07/2006
  • 06:48
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Dans un rêve permanent je retourne souvent dans ma ville.Alger du soleil, des tempêtes, des grands jours de vent s’engouffrant dans les larges  avenues  de Nelson, Alger   des années heureuses où nous  allions  partager  la  Mouna  à  Sidi  Ferruch ou  à Baïnem, Alger des  jours de  haine,  de sang  et de colère, Alger de mon enfance, plus belle ville ville du monde et symbole encore vivace d’ une   aventure   heureuse  et   tragique  de plusieurs   peuples acteurs d’une saga dont nous jouons les derniers tableaux.

L’ arrivée en bateau à Alger est un spectacle inoubliable. Entre mer, montagnes et soleil, Alger, ancienne cité barbaresque et repaire de pirates concoure de beauté avec les plus rades du monde.

La baie d’Alger ouverte sur le nord, face à la France, simulant un arc de 12 km de long sur 8 km de profondeur est plaquée au pied de montagnes qui s’élèvent dès le rivage.

Les avenues qui sillonnent la ville donnent l’impression de  gradins et de balcons qui partent à l’infini.

Sur la droite, à flan de colline, la Casbah, aux ruelles étroites. A ses pieds, la rampe Chasseriot mène à la darse, ancien port des raïs, de nos jours amirauté et port de plaisance.

C’est de ces quatre îlots, el djézaïr (en arabe les îles)  reliés à la terre par les décombres de la destruction du fort l’Empereur (le Pénion) que Barberousse organise ses fructueuses expéditions en méditerranée. Cet assemblage d’Orient et d’Occident fait le charme de la capitale qui regorge de palais richement décorés du butin de la piraterie.

Marbres d’Italie, carreaux de Delph, fers forgés européens et colonnades vénitiennes enrichissent un art islamique et ottoman importé par les arabes en Barbarie et perpétué avec habileté par l’architecture néo orientale des édifices construits par les français.

Le premier  espace où l’on accède par les escaliers de la pêcherie abrite la place du gouvernement où caracolait jadis le duc d’Orléans, fils de Louis-philippe et passionné d’Algérie. Au fond l’ancienne mosquée devenue cathédrale pour redevenir mosquée est une magnifique construction byzantine qui délimite le territoire de la Casbah, site classé au patrimoine mondial de l’humanité et où il est impossible de se perdre car toutes les rues redescendent vers la mer.

Alger, cité culturelle, cité de palais et de maisons mauresques a inspiré de nombreux artistes dont le plus prestigieux,  Etienne Dinet  allias Nasser Edine Dinet est enterré à Bou Saada. Ce mouvement orientaliste très à la mode au XIX ème siècle sera par la suite longtemps boudé par les amateurs  d’art et atteindra après l’indépendance des côtes considérables sur le marché de l’art. Un autre grand artiste algérien Mohamed Racim marquera son époque et sera reconnu dans le monde entier pour ses remarquables miniatures et ses enluminures.

Djemma El’Kebir, la grande mosquée, dont le minaret date du XIV ème siècle fut commencée au XI ème pour se terminer en 1837. Djemma El Jdid, la nouvelle mosquée, construite en forme de croix par un moine architecte en captivité dont la fin fut tragique... ( Il fut attaché et exécuté au bout d’un canon après avoir avoué au  dey cette particularité). Cette construction  due à la piété des janissaires se trouve en plein cœur de la place du gouvernement que les  vieux algériens continuent d' appeller la place du cheval, surplombant la darse.

On ne saurait évoquer Alger sans mentionner le faubourg de Bab el Oued, qui a été le creuset de cette fusion d’étrangers d’où  a émergé un nouveau peuple, un nouveau type d’hommes aux origines   multiples,  qu’on appellera d’abords les Algériens puis à partir de 1954 les pieds noirs.

Une autre visite incontournable : Le monumental jardin d’essais, véritable jardin botanique  de toutes les espèces subtropicales venues des toutes les colonies françaises mais aussi du    Mexique, des Antilles, du Brésil, d’Asie, d’Inde et d’Australie raconte l’incroyable aventure botanique que fut l’Algérie. Les caves expérimentales d’Algérie seront le point de départ d’une viticulture moderne et d’une nouvelle science, l’œnologie, qui révolutionnera les techniques de fabrication du vin en apportant aux grand crus français une  perfection scientifique qui se transmettra en Amérique et en Afrique du sud.

Deux musées, le Bardo et Stéphane Gsell, présentent les plus belles collections d’art romain, d’archéologie, d’art oriental et islamique.

Ville éclatante de lumière, murs chargés d’histoire, panoramas inoubliables où le ciel et la mer s’associent les jours de colère pour exprimer  une violence que seule cette terre est capable d’engendrer...

àSUIVRE

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  • zakad : Après 46 ans, nos réactions sont toujours passionnées. Comme si nous réagissions toujours à chaud. N'est-ce pas là réaction d'un amour ardent entre amant et maitresse? Ne cherchons pas à connaître qui est l'amant qui est la maîtresse, l'important est que l'amour soit sincère et que les bises de reconciliation se fassent!
  • ferhaoui : le deracinement de mon algerie
  • bapceres : "IL N'EST RIEN QUI AIT UN GOUT PLUS AMER...QUE LA VERITE;.
    Proverbe Yddish
  • bibos : je sui plutot du constantinois mais je suis d'accord avec vous . le patrimoine doit etre protégé. l'humanité y a droit.
  • PEDEMONTE : Bonjour à tous,
    Je suis heureux quand on parle de Kouba....mais je suis malheureux de constater que la plupart de ceux qui réagissent sur ce site et qui semblent nostalgiques de Notre KOUBA, ne sont pas adhérents à Amicale des Anciens Koubéens. C'est pourtant si bon de se retrouver pour évoquer le passé.
    Jacky PEDEMONTE
    Président de l'AAK

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La réconciliation en marche...

LA RECONCILIATION EN MARCHE... Aujourd'hui, malgré une nostalgie toujours aussi vivante,mes sentiments à l'égard de mon pays sont inchangés.Un mélange d'amour et de regrets. Comme beaucoup de mes compatriotes, qui sans avoir tourné la page ou renié leur passé, j'ai choisi d'illustrer une autre facette de ce que la communauté pieds noirs a l'habitude de montrer. Lassés de voir nos représentants souvent auto-proclamés s'agiter bêtement autour de certains leaders, reprenant à leur compte ce qu'il n'est ni permis de dire, ni de penser, nous sommes de plus en plus nombreux, de part et d'autre des deux rives, à penser qu'il est temps de faire connaître et d'exhiber les relations fraternelles qui existent entre nos deux peuples. Dans les deux camps, une minorité d'agités complètement dépassés continuent d'entretenir un état d'esprit revanchard et un climat de haine, occultant, camouflant et semblant complètement ignorer les réelles relations d'amitiés qui les unissent. Cette vision à sens unique de l'Histoire largement soutenue par une propagande souvent démesurée ne trompe plus grand monde. Savoir, comprendre et découvrir "la Vérité sous toutes ses formes" jusqu'ici falsifiée d'un côté et souvent inventée de l'autre devient une nécessité absolue. Certaines déclarations alambiquées, plus folkloriques que représentatives de l'opinion publique algérienne ne doivent pas freiner notre enthousiasme. La réconciliation, mektoub, est en marche...Un premier pas que Pieds Noirs et Algériens sont peut être disposés à franchir ensembles.

L'Emir

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> «L’Emir Abdelkader a montré que la religion n’excluait pas la science, que la science n’excluait pas l’humanisme, que la foi n’excluait pas le spiritualisme», initiateur du dialogue islamo-chrétien, il montre le chemin de la réconciliation entre les deux rives de la Méditerranée..... M. Boutaleb, président de la fondation Emir Abdelkader.