Alors que les vrais responsables coulent des jours heureux...
"ils (les gaullistes) ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes !
Le tribunal correctionnel de Montpellier a suivi les réquisitions. Georges Frêche, le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, a été condamné jeudi à 15.000 euros d'amende pour avoir traité des harkis de "sous hommes". Le jugement devra en outre être publié dans six journaux. L'élu a annoncé qu'il ferait appel.
La justice n'a en tous cas pas condamné le socialiste à une peine de prison comme la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse et de l'expression l'y autorisait, celle-ci prévoyant jusqu'à 22.500 euros d'amende et six mois de prison. Georges Frêche était poursuivi pour "injure envers un groupe de personnes en raison de son appartenance ethnique, raciale ou religieuse".
"En tant que harkis, nous sommes satisfaits. C'est un peu comme si notre honneur était lavé", a dit de son côté Abdelkader Chebaki, un ex-harki qui était partie civile. Toutefois, selon l'Association pour la justice, l'information et la réparation des harkis et rapatriés de France (Ajir), "une peine de prison aurait été un avertissement fort".
Le 11 février 2006, lors d'une cérémonie à Montpellier en hommage à un ancien porte-parole de la communauté pied-noir, il avait apostrophé des harkis ayant participé le même jour à une manifestation de l'UMP: "ils (les gaullistes) ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes ! Mais vous n'avez rien du tout, vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur !". Des propos qui avaient suscité un tollé dans la communauté harkie et dans le milieu politique. De nombreuses associations de défense de harkis avaient déposé plainte et s'étaient constituées partie civile. En mai, Georges Frêche avait été suspendu pour deux ans des instances nationales de son parti pour ces déclarations.
LE PROCHAIN PAVE DANS LA MARRE
Un Musée de l'Algérie Française
Montpellier - Un musée qui fait parler...
Première en France : un musée consacré à la présence française en Algérie ouvrira ses portes en 2007.
« Ce musée est très important pour nous, car c’est une façon de réhabiliter notre mémoire », estime Georges Descat, président du Cercle algérianiste.
Depuis quelques mois, Georges Frêche s’emploie à réactiver son vieux projet de musée à la gloire de l’Algérie française, des pieds-noirs et des harkis, ces mêmes harkis qu’il vient de traiter de « sous- hommes ».
GEORGES FRÊCHE dispose d’un atout en or pour se faire pardonner sa regrettable sortie sur les « sous-hommes » : un musée dédié à l’Algérie française. Promis depuis quinze ans, ce projet est un peu le grand oeuvre du Néron de la Septimanie (que certains persistent à appeler président du conseil régional du Languedoc-Roussillon). Un projet exaltant mais semé d’embûches. Au départ, le machin devait s’appeler « musée de l’Action civilisatrice de la France en Algérie ». La franchise étant mal récompensée, il a fallu le rebaptiser « musée de la Présence française en Algérie », puis « musée de l’Histoire de la France en Algérie ». Cette petite hypocrisie terminologique n’a pas suffi : l’automne dernier, la successeuse de Frêche à la mairie de Montpellier, Hélène Mandroux, pourtant « socialiste » comme lui, décidait de geler le projet, devenu embarrassant au moment où la gauche se mobilisait contre l’article de loi bénissant le rôle « positif » de la colonisation. Mais Frêche ne s’en laisse pas compter : « On va rendre hommage à ce que les Français ont fait là-bas », jurait-il le 15 novembre. Et les massacres dus à la colonisation, les centaines de milliers de morts ? Il laisse ça aux indigènes : « On ne va pas faire un musée de l’Histoire de l’Algérie, car c’est à Alger de le faire. »
Exit la mairie, Néron reprend le dossier en main. Pas question de perdre des voix chez les pieds-noirs et les harkis, seules communautés représentées au sein du comité de pilotage. « Ce sera un musée franco-français », claironne le président de la Maison des rapatriés, Roland Dessy. C’en est trop pour les historiens associés au projet, qui finiront tous par jeter l’éponge. Jacques Frémeaux, spécialiste de la colonisation à Paris IV, proteste : « Il s’agit, si possible,de bâtir une mémoire commune fondée sur un savoir scientifique et non de se complaire dans la nostalgie ou la remémoration d’une image fausse de l’Algérie. » À quoi Frêche rétorque, grand comme l’antique : « Rien à foutre des commentaires d’universitaires trous-du-cul. On les sifflera quand on les sollicitera. » Un mois plus tard, Frêche entonne en plein conseil régional l’hymne colonial de l’armée française d’Afrique, chaleureusement suivi par les élus FN. Le 11 février, il remet ça au Mas Drevon, un quartier pied-noir de Montpellier, en compagnie d’un Jack Lang imperturbable. Il s’agit de doubler la droite, qui le même jour organisait un rassemblement à Palavas-les-Flots pour consoler les nostalgiques de l’Algérie française, dépités par l’abrogation de « leur » loi. Dans ce charmant coin de France, c’est à qui cajolera le mieux l’esprit des colonies.
Patatras ! Frêche se prend les pieds dans son propre piège. C’est que, parmi les quatre-vingts harkis présents, certains sont fumasses : leur quartier, la cité de la Grappe, doit bientôt être rasé pour libérer de la place à la nouvelle mairie. À la tête des mécontents, Abdelkader Chebaiki, président d’une association de harkis emmaillotée dans le système clientéliste de Frêche. Apprenant que l’ingrat s’est rendu le matin même au raout UMP de Palavas au lieu de lui manger dans la main, le maître des lieux explose, rugit, s’étrangle : « Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu’à la fin des temps ! [...] Je vous ai donné votre boulot de pompier, gardez-le, fermez votre gueule ! Gardez-le et fermez votre gueule ! Hein ! Je vous ai trouvé un emploi, et je suis bien remercié. [...] Mais vous avez rien du tout, vous êtes des sous-hommes ! » On connaît la suite : un Jack Lang amnésique, un PS qui toussote, des indignations, des excuses, des poursuites. Mais à toute chose malheur est bon : en quelques secondes, Frêche aura fait plus pour la mémoire des colonies que tous les musées du monde.
Article publié dans le n° 32 de CQFD, mars 2006.
En d'autres temps, Gaston Deferre, du même parti de Georges Frêche se proposait avec ses complices dockers du port de Marseille de rejeter "les pieds noirs à la mer", ce qui ne l'êmpêcha pas après reflexion de s'entourer de nombreux adjoints pieds noirs.
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