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Mes racines sont en Algérie, mon coeur est en France, mon esprit est comme un arc en ciel au dessus de la méditerranée. Claude Garcia.


Sauvons la Casbah d'Alger

AMIS PIEDS NOIRS ET ALGERIENS, freres de terre ! Un colossale patrimoine de l'Humanité est entrain de disparaitre un peu plus chaque jour. Comment un pays si riche, patrie de Racim, de Dinet, d'Abd el Kader peut laisser s'engloutir cette citadelle bâtie sur un site unique au monde. Comment les dirigeants Algériens peuvent ils laisser disparaitre 1500 ans d'histoire alors que celui qui sauverait la Casbah d'Alger s'illustrerait et accèderait par ce geste au premier rang des grandes figures de l'Histoire comme Hassan II ou François Mitterand. Dans peu de temps la Casbah d'Alger sera remplaçée par des building, c'est peut être là l'objectif inavoué de certains visionnaires d'une algérie nouvelle que nous ne reconnaissons et ne comprenons pas. Ce ne sont pourtant pas les grands hommes ni les moyens qui manquent en Algérie.

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 Catherine Camus

  • bapceres
  • Mercredi 07/11/2007
  • 16:58
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Catherine Camus, profession : fille d'Albert

                          La fille de l'écrivain Albert Camus, Catherine Camus. | OLIVIER METZGER POUR "LE MONDE"                            

Catherine Camus habite rue Albert-Camus. A deux pas du cimetière où repose Albert Camus, à Lourmarin, au coeur du Lubéron. A côté du bureau où elle s'attelle, jour après jour, aux affaires d'Albert Camus. Pas loin de L'Isle-sur-la-Sorgue, où vivait René Char, l'ami intime avec qui Camus échangeait une correspondance affectueuse, dont Gallimard vient d'éditer des extraits.
Elle avait 14 ans ce jour de 1960 où une puissante Facel-Vega avait soudain quitté la RN5, abandonnant à la postérité un écrivain déjà mythique et son ami éditeur, Michel Gallimard. Avec les gains du prix Nobel, deux ans avant sa mort sidérante, Camus avait acheté cette petite maison de village. Il avait tout décoré lui-même pour faire la surprise à sa femme Francine et à leurs jumeaux, Catherine et Jean. Ils l'ont découverte peu avant sa mort. Fin prête, chaque meuble à sa place.

Presque rien n'a bougé depuis. Pas même Catherine, cette longue silhouette discrète qui vous attend d'un air absent sous le panneau "rue Albert-Camus". Ce visage triste et doux caché derrière des lunettes. Ce langage naturel truffé de gros mots jamais vulgaires, à l'humour douloureux. Ce profil où jaillit la ressemblance avec un père trop célèbre, trop présent, trop tout. "Il envahit pas mal, papa", reconnaît-elle.

Rue Albert-Camus habitent deux chiens, six chats, Catherine Camus (62 ans) et son compagnon, de vingt ans son aîné : Robert Gallimard. Editeur et ami de Camus, bien sûr. Petit-fils de Gaston Gallimard (fondateur de la maison d'édition), oncle d'Antoine (actuel PDG) et cousin de Michel, il avait connu Catherine au berceau et lui apporte, intacts, les souvenirs de l'écrivain qu'elle ne peut avoir. Quant aux chiens et aux chats, ils ont tous été recueillis. Encore une habitude que Catherine tient de son père. "La différence, explique-t-elle, c'est que papa trouvait facilement un repreneur aux animaux qu'il recueillait : on ne refusait pas un chien de Camus. Moi, c'est différent."

Catherine et Jean n'ont pas appris directement la mort de leur père. Ils l'ont devinée aux regards, aux pleurs, à ce coup de téléphone suivi par l'arrivée d'une foule de gens dans l'appartement. Mais personne ne le leur a dit. Croyant sans doute bien faire, on leur a évité l'enterrement. Réfugiés chez des amis, boulevard du Montparnasse, ils n'avaient pas le droit de se mettre au balcon, à cause des journalistes. "Quand votre père meurt et qu'il est célèbre, personne n'a l'idée que vous l'avez perdu. Ce n'est pas votre père, ce type-là, il est à tout le monde. Ma mère était à l'ouest, meurtrie. Et nous, somme toute, il ne nous était rien arrivé. Alors, vous vous retrouvez complètement seule. Orpheline de père inconnu."

Les jumeaux, Albert Camus les avaient tendrement surnommés "la peste et le choléra". Catherine est née peu après la publication de La Peste, en pleine gloire de son père et déjà dans le tourment de ses infidélités conjugales infinies. Les enfants ne savaient pas que leur père était célèbre. "Il nous a tenus complètement à l'écart. C'était un papa. On jouait au foot avec lui. Il était sévère mais très drôle et nous parlait beaucoup. On l'appelait "Rassurant", ça lui allait bien." Quand il a reçu le prix Nobel de littérature, elle lui a demandé s'il y avait aussi un prix Nobel pour les acrobates. Elle rêvait d'en être une. "Acrobate, je l'ai été, conclut-elle d'un sourire triste. Pas comme j'avais prévu, mais heureusement que j'avais l'esprit à ça."

A la mort de leur mère, "la peste et le choléra" ont 34 ans. Et deviennent, de fait, détenteurs du droit moral et patrimonial de l'oeuvre, immense et polymorphe, d'Albert Camus. Jean est avocat, Catherine vient de le devenir. "C'était évident pour tout le monde que je devais m'occuper de l'oeuvre. Pour tout le monde, sauf pour moi." Déjà divorcée et mère de deux enfants, elle laisse tout tomber et se colle au métier d'ayant droit. Elle rectifie : "On devrait plutôt dire d'ayant devoir."

Pour autant, elle ne fait rien pour s'en défaire. Elle a confié les archives à la Cité du livre d'Aix-en-Provence, mais refuse de déléguer à un professionnel la vingtaine de demandes de toutes sortes qu'elle reçoit chaque jour. Catherine Camus n'arrive pas à se sortir de Camus. De ce noeud serré par des années de manque, par une ombre écrasante. "C'est un deuil impossible, dit-elle comme pour s'excuser. Camus est partout. J'ai même trouvé un jour sa photo, comme cadeau, dans la poudre du chocolat Poulain." Alors Catherine Camus, seule, fait le cerbère. Aux demandes diverses, elle dit oui, souvent. Ou non. "Quelqu'un qui va bousiller Camus, je ne vais pas l'aider. Tout le monde peut cracher sur Camus, mais pas moi. Je lui dois trop."

"Catherine est une héritière loyale et autoritaire, constate Olivier Todd, auteur d'une biographie de l'écrivain. Elle a un grand nombre d'inédits sûrement passionnants qu'elle n'a pas tous voulu me montrer, dont les lettres de Camus à Maria Casarès. Mais elle n'a rien censuré."

A elle seule, elle a édité les Carnets III, et surtout Le Premier Homme, ce chef-d'oeuvre qui se trouvait à l'état inachevé sur le siège de la Facel-Vega, le jour de l'accident. Camus, mort triste et isolé, attaqué par les intellectuels de gauche depuis la publication de L'Homme révolté (1951) et pour avoir préféré les êtres humains à l'Histoire, a connu une réhabilitation tardive, après la chute du mur de Berlin. La tâche actuelle est la réédition de l'oeuvre en Pléiade. "Le boeuf est toujours à sa charrue", aime répéter Catherine.

Chez Gallimard, on apprécie sa simplicité et son professionnalisme. Mais Catherine Camus n'est pas dupe. "La vision que la majorité des gens ont de l'ayant droit n'est pas sympathique, dit-elle. Une rentière qui se fait dorer la pilule au soleil et qui engrange des milliards. Si je dis : "Les milliards, c'est pas vrai", on va dire : "Elle va pas se plaindre, en plus !""

Depuis sa parution, en 1942, L'Etranger de Camus est le best-seller absolu chez Gallimard, avec Le Petit Prince de Saint-Exupéry : six millions et demi d'exemplaires déjà vendus en France (150 000 par an, en moyenne), les droits de traduction cédés dans 58 pays, même en gallois, en népalais ou en tamoul. Catherine Camus rappelle que les droits d'auteur (entre 8 % et 14 % du prix du livre) sont divisés entre elle et son frère. Que la valeur patrimoniale de l'oeuvre est estimée et soumise à l'impôt sur la fortune. Elle laisse s'absenter ses grands yeux sans gaieté. "Les gens ont une idée toute faite de ce que doit être la fille de Camus. Je déçois, forcément. J'aimerais bien m'appartenir un peu plus."

 

Parcours
.1945

Naissance à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

1960
Mort d'Albert Camus.

1979
Mort de sa mère ; elle obtient son CAPA d'avocat.

1980
Prend en charge la gestion de l'oeuvre d'Albert Camus.

1994
Publication du "Premier homme", d'Albert Camus.

2007
Parution de la correspondance Char-Camus (Gallimard).

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Commentaires

Intéréssant

Je viens de découvrir et ce site et ce texte sur les enfants de camus. J'ai été trés intéréssé, car je suis un grand amirateur de Camus et je me suis rendu, il y a quelques années à Lourmarin ou j'ai pu apercevoir sa maison.
J'ai publié, depuis, un petit livre qui peut sans doute intérésser votre site. le titre enest: Albert Camus et les Algériens: Noces ou divorce? aux éditions Atlantica  ( www.atlantica.fr )

 

 

Re: pourrions-nous correspondre?

Monsieur,

J'ai en ce moment même votre livre entre les mains...Je tiens d'abord à vous témoigner tout le respect que j'éprouve pour votre travail et toute l'admiration surtout. Je suis étudiante en master 1 de lettres et je rédige un mémoire sur notre bien aimé Albert. J'aimerais beaucoup confronté mes interprétations avec vous...N'hésitez pas à me répondre.
J'ai été très émue de lire l'interview de Catherine Camus avec qui je rêverais de m'entretenir.

 

 

Re: pourrions-nous correspondre?

Merci de votre commentaire. Aucune difficuluté pour que nous en parlions. Quel est le thème exact de votre travail? Je vous donne ci dessous ma adresse mail personnelle. Jean-Pierre Ryf

jpryf@aol.com

 

 

Re: pourrions-nous correspondre?

Marie, 

Si vous parlez l'Anglais il y a une formidable biographie de Camus par son admirateur Olivier Todd:

"CAMUS". a life.

avec plus de 420 pages..photos etc..formidable!..même un de nous n'aurait pas mieux fait!  

Pierrette.

 

 

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    Oye oye oye..

    Pierrette
  • aladin : slt je tien a te remercie claude garcia pour la publucation des BD sa ma rapeller ma jeunesse des annee 50 a 60 et moi en retour des photos de souvenir de tous les cartiers d'oran de cette epoques abientot.

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La réconciliation en marche...

LA RECONCILIATION EN MARCHE... Aujourd'hui, malgré une nostalgie toujours aussi vivante,mes sentiments à l'égard de mon pays sont inchangés.Un mélange d'amour et de regrets. Comme beaucoup de mes compatriotes, qui sans avoir tourné la page ou renié leur passé, j'ai choisi d'illustrer une autre facette de ce que la communauté pieds noirs a l'habitude de montrer. Lassés de voir nos représentants souvent auto-proclamés s'agiter bêtement autour de certains leaders, reprenant à leur compte ce qu'il n'est ni permis de dire, ni de penser, nous sommes de plus en plus nombreux, de part et d'autre des deux rives, à penser qu'il est temps de faire connaître et d'exhiber les relations fraternelles qui existent entre nos deux peuples. Dans les deux camps, une minorité d'agités complètement dépassés continuent d'entretenir un état d'esprit revanchard et un climat de haine, occultant, camouflant et semblant complètement ignorer les réelles relations d'amitiés qui les unissent. Cette vision à sens unique de l'Histoire largement soutenue par une propagande souvent démesurée ne trompe plus grand monde. Savoir, comprendre et découvrir "la Vérité sous toutes ses formes" jusqu'ici falsifiée d'un côté et souvent inventée de l'autre devient une nécessité absolue. Certaines déclarations alambiquées, plus folkloriques que représentatives de l'opinion publique algérienne ne doivent pas freiner notre enthousiasme. La réconciliation, mektoub, est en marche...Un premier pas que Pieds Noirs et Algériens sont peut être disposés à franchir ensembles.

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> «L’Emir Abdelkader a montré que la religion n’excluait pas la science, que la science n’excluait pas l’humanisme, que la foi n’excluait pas le spiritualisme», initiateur du dialogue islamo-chrétien, il montre le chemin de la réconciliation entre les deux rives de la Méditerranée..... M. Boutaleb, président de la fondation Emir Abdelkader.