Raphaël DELPARD est un personnage intéressant: acteur, réalisateur, scénariste, journaliste et écrivain. Il est métropolitain, mais avait pour "particularité" d'avoir fait la "Guerre d'Algérie" comme appelé. C'est pourquoi, il se lança tout particulièrement dans l'écriture d'un premier livre touchant à la Guerre d'Algérie. "20 ans pendant la Guerre d'Algérie" raconte les Appelés. Pour l'écrire, il eut à rencontrer nombre de nos compatriotes d'Algérie. Car Raphaël n'avait pas souhaité faire un livre de guerre de plus, mais bien expliquer ce qu'avait été le quotidien de ces jeunes appelés, dont leur rencontre avec le Peuple Pieds Noirs.Ceci conduisit notre ami à nous découvrir certainement beaucoup plus que pendant son service, à nous comprendre et, j'ose le dire, à nous aimer. Son second livre consacré à notre Communauté (L'histoire des Pieds Noirs d'Algérie, 1830/1962) me plut.
Son 3ème livre : "Les oubliés de la Guerre d'Algérie" fut un monument et un choc. Il dénonçait la disparition de 600 soldats français pendant la Guerre d'Algérie, prisonniers du FLN, qui n'ont, à une ou deux dizaines près, jamais reparus, mais surtout le fait que la France ne les a jamais réclamés à l'Algérie algérienne, même pas leurs corps, ce qu'aucun pays au Monde n'a jamais fait. Choc aussi, la relation qu'il fit des massacres du 26 mars, du 5 juillet, des Harkis et de toutes les disparitions, alors que la France avait des signes, bien après 62, de survie de prisonniers Pieds noirs civils, dont des femmes, dans les camps de concentration algériens. Choc y compris pour nous, qui étions pourtant bien placés pour savoir.
Un quatrième livre vient de paraître. Il bouscule tout autant, y compris nous mêmes. Mais c'est, pour la première fois peut être, un livre qui, écrit de l'extérieur, explique à la fois quel a été notre déchirement de perdre notre sol natal et nos tombes (et je ne parle pas de la ruine) mais surtout d'être trahis jusqu'à aujourd'hui par notre Mère Patrie, celle que nous aimions tant.
Raphaël raconte aussi la Débâcle, notre débâcle, l'accueil administratif honteux qui nous fut fait, mais aussi celui d'une grande majorité de nos compatriotes et ce racisme que nous avons subi. Il démontre surtout le processus qui a conduit à faire de nous des bourreaux, alors que nous sommes des victimes. Il décrit la censure, la désinformation et la ségrégation qui nous frappent. Elles font que l'on salit notre Histoire à longueur d'émissions, que l'on peut nous interdire nos Monuments et de célébrer nos Morts, que l'on donne la parole aux anciens terroristes et pas à leurs victimes miraculeusement survivantes, que l'on tait les douleurs des familles de disparus quand on mobilise les Français pour les disparus d'Argentine et d'ailleurs, que l'on rassemble les pauvres restes de nos familles sans nous consulter, que l'on désigne nos représentants, que l'on nous refuse Réparation et Indemnisation, que l'on nous demande de prouver que nous sommes français et que l'on trafique nos papiers d'identité. On nous dit aigris, ne regarder que le Passé. Comme chaque Homme de ce Monde, si nous ne pouvons ni oublier, ni pardonner, nous pourrions au moins être en Paix. Il faudrait pour cela que l'on nous reconnaisse les mêmes Droits qu'à tout Homme.
Dans la grisaille de cette France dans laquelle nous avons du mal à nous reconnaître, le livre de Raphaël DELPARD est peut-être un rayon de soleil. Non pas parce qu'il est facile pour nous ne le lire (je ne doute pas de beaucoup d'émotion et de larmes) mais parce qu'il est une marque d'Humanité. Un de nos compatriotes métro ou plutôt patos écrit aux autres : "Mais regardez les! Ils ne sont pas ces bourreaux, ces racistes, ces nantis, ces esclavagistes que l'on vous a décrit et que l'on vous peint encore chaque jour. Oui, vous les avez mal accueillis quand ils avaient tout perdu.
Dans la grisaille de cette France dans laquelle nous avons du mal à nous reconnaître, le livre de Raphaël DELPARD est peut-être un rayon de soleil. Non pas parce qu'il est facile pour nous ne le lire (je ne doute pas de beaucoup d'émotion et de larmes) mais parce qu'il est une marque d'Humanité. Un de nos compatriotes métro ou plutôt patos écrit aux autres : "Mais regardez les! Ils ne sont pas ces bourreaux, ces racistes, ces nantis, ces esclavagistes que l'on vous a décrit et que l'on vous peint encore chaque jour. Oui, vous les avez mal accueillis quand ils avaient tout perdu.
Ayez cette compassion que la France accorde à tous les peuples du Monde. Ils sont ses fils, ils sont vos frères. Voilà mon enquête, on vous a menti". Oui, il faut lire ce livre, il faut le faire lire à nos enfants, car beaucoup ne savent pas qui nous sommes, et à nos compatriotes. Car il n'est pas écrit par nous. Il faut le diffuser car il n'aura pas la première place dans les rayons, si les libraires veulent bien le vendre.
Cet article est une synthèse d'un article de Jean-Pierre RONDEAU
http://www.menapress.com/article.php?sid=1694
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