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Mes racines sont en Algérie, mon coeur est en France, mon esprit est comme un arc en ciel au dessus de la méditerranée. Claude Garcia.


Sauvons la Casbah d'Alger

AMIS PIEDS NOIRS ET ALGERIENS, freres de terre ! Un colossale patrimoine de l'Humanité est entrain de disparaitre un peu plus chaque jour. Comment un pays si riche, patrie de Racim, de Dinet, d'Abd el Kader peut laisser s'engloutir cette citadelle bâtie sur un site unique au monde. Comment les dirigeants Algériens peuvent ils laisser disparaitre 1500 ans d'histoire alors que celui qui sauverait la Casbah d'Alger s'illustrerait et accèderait par ce geste au premier rang des grandes figures de l'Histoire comme Hassan II ou François Mitterand. Dans peu de temps la Casbah d'Alger sera remplaçée par des building, c'est peut être là l'objectif inavoué de certains visionnaires d'une algérie nouvelle que nous ne reconnaissons et ne comprenons pas. Ce ne sont pourtant pas les grands hommes ni les moyens qui manquent en Algérie.

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 Inconnu ou pas reconnu en Algérie

"C'était pourtant sa terre du bonheur..."

  • bapceres
  • Samedi 14/10/2006
  • 08:17
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Camus, « le premier homme » algérois

Elle a 60 ans environ. Elle est vêtue d’une jupe noire et d’un tee-shirt blanc et porte son sac en bandoulière, tout serré contre elle. Mais, dans son regard, soudain, on sent passer l’effroi.
L’effroi et la honte.
On est en juillet 2006, à Roissy, au comptoir Air France d’un vol en partance pour Alger, et la personne qui accompagne cette Algérienne qui retourne au pays vient de lâcher à l’hôtesse l’indicible : « C’est compliqué pour elle de voyager seule. Elle ne sait ni lire, ni écrire. » On observe la femme ainsi réduite, en une phrase, une seule, à sa condition d’illettrée et on ne peut s’empêcher de penser à la mère et à la grand-mère d’Albert Camus, toutes deux analphabètes. Oui, Albert Camus, ce « monument » de la littérature française, a passé son enfance dans un appartement misérable d’Alger, dans lequel aucun livre n’avait jamais pénétré. Obligatoirement, cela laisse des traces. Des humiliations ravalées, des affronts essuyés. Des références à jamais absentes. Le sentiment, surtout, de ne pas être comme les autres. D’être à part. À part, avec cette mère taciturne, à demi-sourde et ayant des difficultés de langage. Cette mère « qui ne connaissait pas l’histoire de France, un peu la sienne, et à peine celle de ceux qu’elle aimait ». À part, aussi, différent, avec cette grand-mère autoritaire, qui dictait la loi à la maison. Empêchait le petit Albert de traîner dans la rue, l’obligeant parfois à faire des siestes à ses côtés dans la moiteur de l’été, à sentir près de lui « l’odeur de chair âgée ». À part, enfin, dans ce petit trois-pièces pouilleux où vivaient également son frère aîné, Lucien, et leur oncle, drôle de hère, sourd lui aussi, qui vivait avec son chien et emmenait Albert à la chasse « entre hommes », près d’Alger, ou à la plage des Sablettes. Une plage dont il ne subsiste aujourd’hui qu’un mince ruban de sable, longé de rochers, et qui a été recouverte aux trois quarts par une route à quatre voies avec en fond de paysage les trois colonnes bétonnées et imposantes du monument des Martyrs. Dans l’Alger d’aujourd’hui, rares sont ceux qui connaissent encore Albert Camus. Ce n’est pas comme Zinédine Zidane, autre Français aux racines algériennes, dont on voit la photo s’étaler sur des affiches de 4 mètres sur 3 pour vanter les mérites d’une marque de téléphone portable.

La terre d’Algérie fut pourtant pour Camus sa « vraie patrie », « la terre du bonheur, de l’énergie, et de la création », celle où il a découvert pêle-mêle sa vocation d’écrivain, sa vulnérabilité - notamment lorsqu’il est atteint de tuberculose -, connu ses premiers émois amoureux et sensuels et cette rage de se distinguer, d’« arracher cette famille pauvre au destin des pauvres qui est de disparaître de l’histoire sans laisser de traces ». Mais cette « terre splendide et effrayante » fut aussi celle du questionnement, elle correspondit à l’éveil de sa conscience politique - il adhère au Parti communiste en 1935 avant de s’en éloigner - puis devint une terre de déchirement pour celui à qui on a reproché de ne pas soutenir assez les nationalistes algériens et à qui certains reprochent encore de n’avoir jamais, ou si peu, mentionné dans son oeuvre les Algériens, ceux qu’on appelait à l’époque les « indigènes ». Signe que les temps changent ? En avril, dans cette Algérie indépendante qu’il n’aura pas connue, un colloque « international » sur « Albert Camus et les lettres algériennes : l’espace de l’inter-discours » a été organisé à Tipasa. La fin d’un tabou ? Décrispation en tous les cas, à une époque où le président algérien Abdelaziz Bouteflika ne cesse de vouloir réactiver la polémique sur le rôle de la colonisation française. « Camus est dans l’imaginaire algérien, même si on ne le lit plus dans les établissements scolaires et dans les facultés », analyse aujourd’hui Afifa Bererhi, coordinatrice du colloque. « S’il a été tant contesté à une époque, c’est parce qu’il a provoqué une très grande déception, il a été considéré comme un traître. Mais la lecture idéologique de Camus est aujourd’hui secondaire, c’est le côté esthétique qui est privilégié », précise cette Algéroise qui dirige le département de français de l’université d’Alger. Sa manière de chanter les beautés de ce pays, « les enchantements solaires » et « les ivresses maritimes », de décrire les odeurs mêlées de la rue algérienne est donc reconnue. Ainsi, à Tipasa, à une heure d’Alger, au milieu de ces ruines romaines qui ont tant inspiré Camus, la responsable du site propose de faire venir le guide - aujourd’hui à la retraite - qui a assisté à l’installation de la stèle érigée en hommage à l’écrivain.

Mais à Alger, pas une plaque, pas une référence. Dans l’ancienne rue de Lyon, devenue rue Mohammed-Belouizdad, les commerçants interrogés aux environs de la supposée demeure d’enfance de l’auteur de La Peste vous regardent avec des yeux ronds. « Albert “Camusse”, connais pas, il faut demander aux anciens. » Deux hommes d’âge respectable, mémoire du quartier, hochent la tête. Assis à l’ombre sur des tabourets posés sur le trottoir encombré, ils sont affirmatifs : « Vous n’êtes pas à la bonne adresse, c’est en face, c’est là qu’il habitait avec sa mère. » En face, difficile d’avoir une confirmation. La vendeuse d’un magasin d’électroménager se marre : « Il y a deux mois, un Japonais est venu nous poser la même question. C’est tout le monde qui cherche Albert Camus ! » « Tout le monde » n’est pas d’accord sur l’adresse exacte de l’écrivain. Habitait-il au 91, ou au 93, de la rue de Lyon, comme l’affirme dans sa biographie Olivier Todd ? Au 131, où le locataire du premier étage en a assez d’être dérangé tout le temps, ou au 124, « la vraie adresse », car, indique l’archevêque d’Alger, Henri Teissier, « c’est celle qui est indiquée sur son acte de baptême » ? Mystère. Une chose est sûre. Dans l’ancien quartier de Belcourt, l’ambiance n’a plus grand-chose à voir avec celle qui régnait lorsque, à la suite de la mort du père d’Albert Camus, sur le front, lors de la bataille de la Marne en 1914, sa veuve, Catherine, née Sintès, vient s’installer à Alger. À l’époque, voix françaises, arabes, espagnoles et italiennes se mêlaient. Aujourd’hui, c’est évidemment l’arabe qui domine, même si des enseignes en français demeurent de-ci de-là, comme au 131, signalé par un panneau « Chirurgien-dentiste-soins-prothèse-détartrage ». Les tramways bondés d’ouvriers algériens et français que le petit Albert empruntait, tôt le matin, pour aller au lycée ou se rendre « à Alger », comme on disait pour parler du centre de la ville, ont disparu. Mais la circulation est toujours aussi dense. Les commerces non plus ne sont plus les mêmes. Les éventaires alimentaires tenus par des marchands arabes ont disparu. Cacahuètes, pois chiches séchés et salés, sucres d’orge peints en couleurs violentes, « acidulés poisseux, pâtisseries criardes », « pyramides torsadées de crème recouvertes de sucre rose », « beignets arabes dégoulinants d’huile et de miel », décrits par Camus, ont disparu. Aujourd’hui, à côté des magasins établis - bijoutiers, vendeurs de tissus au mètre -, des petits vendeurs ont envahi les trottoirs mais proposent avant tout des objets de la vie quotidienne : duvets aux couleurs criardes, casseroles, chaussures en plastique roses, portables et autres gadgets plastifiés sont vendus, parfois à même le sol, par des Algériens barbus qui observent avec circonspection une femme occidentale non voilée. À quelques mètres, le cinéma Le Musset est fermé. Quand il y accompagnait sa grand-mère, endimanchée, ses cheveux blancs lissés et sa robe noire fermée d’une broche d’argent, le petit Albert vivait un supplice. Le cinéma projetait des films muets, assortis de petits textes. Après que la grand-mère eut lancé assez fort pour être entendue « tu me liras, j’ai oublié mes lunettes », le petit Albert devait lire à haute voix les résumés du Signe de Zorro, avec Douglas Fairbanks père, ou des Deux Orphelines. Plus loin, l’école communale proche du domicile a été transformée en mosquée. Mais Albert se rendait à une autre école, à dix minutes de là, rue Aumerat. C’est là que son sort a basculé. L’instituteur, M. Germain, modèle républicain du genre, à qui Albert Camus a dédié son prix Nobel, a pris sous son aile ce pupille de la nation. Il lui offrira Les Croix de bois, de Roland Dorgelès, et ira convaincre la grand-mère de le laisser aller au lycée, comme boursier, plutôt que de le faire travailler.

Une nouvelle vie commence. Tous les matins, voyageant souvent sur le marchepied du tramway, Camus se rend au grand lycée d’Alger, rebaptisé Bugeaud en 1930, au sud de Bab-el-Oued. Il découvre que tout le monde n’y est pas aussi pauvre qu’à Belcourt, lui qui hésite à écrire la profession de sa mère, femme de ménage, sur les fiches de renseignement. « Bébert » devient un mordu de football, s’entraînant durant la récréation avant d’entrer au Racing universitaire d’Alger, le RUA. Le lycée est toujours là, façade imposante et blanche, face à la rade d’Alger. Mais il n’y a aucune trace du passage de Camus. À côté, le jardin Marengo n’a pas bougé. Mais on n’y voit aujourd’hui que des hommes assis, seuls, sous les bananiers. La plage Padovani n’est plus fréquentée, en ce mois de juillet, que par des jeunes garçons qui se baignent tandis que quelques femmes voilées restent en retrait sur le sable. À dix minutes, l’église Notre-Dame-d’Afrique où le jeune Camus se rendait parfois avec des amis domine toujours la baie d’Alger. Mais les escapades canailles dans les bars frais de Bab-el-Oued, où les hommes commandaient une anisette et les femmes un sirop d’orgeat, ne pourraient plus avoir lieu aujourd’hui : le quartier est devenu islamiste. Les inscriptions sur les murs - Forza Ussma (« Vive Oussama ») -, de même que la tenue des femmes - pour certaines voilées de la tête aux pieds, en noir - ne laissent aucun doute. Aucune trace non plus du passage de Camus dans l’ancienne rue Charras, où Edmond Charlot, qui l’édita, tenait une librairie-bibliothèque, au 15 bis. Seul clin d’oeil dans ce lieu qui fut si important pour l’écrivain : de jeunes Algériens vendent sur les marches des livres d’occasion. Dans le tas, entre un exemplaire d’un livre intitulé Du léninisme au stalinisme et un dictionnaire de français, Élise, ou la vraie vie, d’Etcherelli, mais pas un Camus...

Anne Fulda, Le Figaro, 03 août 2006

Albert Camus (1913-1960)

"Je pense à Camus : j'ai à peine connu Camus. Je lui ai parlé une fois, deux fois. Pourtant, sa mort laisse en moi un vide énorme. Nous avions tellement besoin de ce juste. Il était, tout naturellement, dans la vérité. Il ne se laissait pas prendre par le courant; il n'était pas une girouette; il pouvait être un point de repère."

Eugène Ionesco
Notes et Contre-Notes
Gallimard, 1962

camus3.jpg (5574 octets) Albert Camus est né le 7 Novembre 1913 en Algérie d'un père d'origine alsacienne et d'une mère d'origine espagnole. La famille est de condition modeste. Il est le deuxième enfant du couple: il a un frère, Lucien, plus âgé de 4 ans.
Son père est mobilisé en septembre 1914. Blessé à la bataille de la Marne, il meurt à Saint-Brieuc le 17 octobre 1914. Camus n'a donc pas connu son père.
Dès la mobilisation de son mari, Catherine et ses deux enfants vont s'installer chez sa mère à Alger, dans le quartier populaire de Belcourt. Albert et Lucien seront plus éduqués par leur grand-mère, une maîtresse femme, que par leur mère qui abdique toute responsabilité en raison de sa quasi-surdité et d'une difficulté à parler.
A l'école, son instituteur, Louis Germain, le pousse à passer le concours des bourses: il pourra ainsi poursuivre ses études au lycée et à l'université. Il lui garde une telle reconnaissance qu'il lui écrira en 1957 lorsqu'il recevra le Prix Nobel de Littérature.
Journaliste, écrivain, passionné de théâtre, il marque la vie culturelle française de 1936 à 1960.
Comme tous les Français d'Algérie, il est traumatisé par la guerre d'Algérie dont il ne verra pas le dénouement tragique. Le 4 Janvier 1960, il trouve la mort dans un accident de voiture.

SES CITATIONS

« Le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu'on fait contre le destin qui nous est imposé. »
[ Albert Camus ]
- Extrait des Lettres à un ami allemand

« Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou. »
[ Albert Camus ]
- Extrait des Carnets

« Les doutes, c’est ce que nous avons de plus intime. »
[ Albert Camus ]
- Extrait des Carnets

« Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout. »
[ Albert Camus ]
- Extrait des Carnets

« L'homme du siècle demande des lois et des institutions de convalescence, qui le brident sans le briser, qui le conduisent sans l'écraser. »
[ Albert Camus ]
- Extrait des Réflexions sur la peine capitale

Nier
« Je puis nier une chose sans me croire obliger de la salir ou de retirer aux autres le droit d’y croire. », Caligula, 1944

Voler

« Gouverner, c’est voler, tout le monde sait ça. Mais il y a la manière. Pour moi je volerai franchement. », Caligula, 1944


Son oeuvre.

- Réflexions sur le terrorisme
- La Baleine
- Chroniques Algériennes

- L’état de siège
- Actuelles
- Discours de Suède
- Le Premier Homme
- Les Justes
- L’Etranger
- Lettres à un ami allemand
- Réflexions sur la peine capitale
- L’envers et l’endroit
- Le mythe de Sisyphe
- Les possédés
- La peste
- Journaux de voyage
- Caligula
- La chute
- L’homme révolté
- Noces
- Le malentendu
- Carnets
- L’exil et le royaume
- Requiem pour une nonne

La liberté est un bagne aussi longtemps qu'un seul homme est asservi sur la terre.


N'attendez pas le Jugement dernier. Il a lieu tous les jours.

 

Nous vivons avec des idées qui, si nous les éprouvions vraiment, devraient bouleverser toute notre vie.


Seule la vérité peut affronter l'injustice. La vérité, ou bien l'amour.


Ce n'est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu'elle exige.


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Par Cyrano  Quand Albert Camus enseignait le français à Oran
La lecture d’un essai récent de Jean Daniel m’a poussé à consulter une biographie «monumentale» d’Albert Camus (1) (publiée en 1978) en me polarisant sur sa «période oranaise» (janvier 1941-aôut 1942). En 1941, Albert Camus a été pendant quelques mois mon professeur de français, dans les conditions très particulières du régime de Vichy. Cet article pourrait, on en découvrira la raison, être intitulé plaisamment «Camus et moi».
http::/www.associationdesenfantsdespaysducouchant
 
Entretien avec Catherine Camus.
Le 28 novembre 2006 Catherine CAMUS est intervenue à la Cité du livre à Aix en Provence, à propos de son père Albert Camus et de son œuvre. 
Catherine Camus dit être venue pour « parler de mon père ».dont elle a fait publier son dernier ouvrage à titre posthume Le premier homme (Gallimard 1994). Elle pense qu’il faut « extraire la culture des cotes privées parisiennes. La culture dit-elle est une ouverture, un accès à la tolérance, pas une accumulation de savoirs. » http://dzlit.free.fr/acamus.html#070108

Pour en savoir plus sur la jeunesse d'Albert Camus...http://pierrejean.cardona.free.fr/jeunesse_de_camus.htm
Editoriaux, dessins humoristiques, comptes-rendus d’audience , le procès intenté par des organisations musulmanes contre Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, à la suite de la publication par l’hebdomadaire satirique des caricatures de Mahomet , a fait « la une » de la presse française.
Le refus de céder à la peur et de pratiquer l’autocensure a, en France, des racines profondes parmi lesquelles on se doit de citer Albert Camus, le journaliste et le résistant.


 « Ne dites pas à un fanatique qu’il est fanatique, il le prendrait très mal »(1) 

L’auteur de L’étranger et de La peste , le penseur du Mythe de Sisyphe a été, on le sait, un grand résistant de 1942 à 1944 en dirigeant Combat, journal clandestin. On sait que pendant la guerre d’Algérie , il a condamné le terrorisme responsable de tueries de civils.
Mais beaucoup ignorent comment , avec son ami Pascal Pia, il s’opposait , en les ridiculisant, aux militaires de Vichy qui, en 1940 étaient chargés de surveiller le quotidien Alger républicain.(2)Les facéties des deux journalistes valent les meilleurs blagues de Charlie Hebdo.

Camus face à la censure de Vichy

« Les hommes se jugent à l’usage qu’ils font de leur puissance. Il est remarquable que les âmes inférieures ont toujours tendance à abuser des parcelles de pouvoir que le hasard ou la bêtise leur ont confiées »
Cette phrase qui , à l’évidence désignait les censeurs, a échappé à leur vigilance : elle a été publiée dans Alger républicain en 1940. Nos deux journalistes se divertissaient en rédigeant des citations imaginaires qu’ils attribuaient à Pascal, Montaigne ou André Maurois, ce qui embarrassait les représentants du maréchal.
Un jour , ils ont voulu publier sans en préciser l’origine un extrait de « la guerre de Troie n’aura pas lieu », pièce de Jean Giraudoux, alors commissaire à l’information de l’ Etat français . Ce texte avait été jugé subversif par l’officier de service, « architecte assez inculte dans le civil » .(2). Notre censeur s’apprêtait à le supprimer lorsqu’on lui révéla le nom



Commentaires

Cet article a provoqué une réaction inattendue de la part d'une dame plutôt "soupe au lait" se disant fière d'être PN et reprochant le tableau "peu reluisant" que l'auteur de cet excellent article donne de la famille Camus. Cette dame, qui devait avoir une dizaine d'année lorsque Camus est mort se souvenait des conditions de vie de la famille Camus à Belcourt. Quelle mémoire prodigieuse!
La plupart de ceux qui aujourd'hui s'approprient notre célèbre écrivain  le sifflaient  dans les années 50.
La famille Camus était comme de nombreuses familles de Belcourt, d'Hussein Dey ou de Bab el Oued une famille de travailleurs, plutôt pauvre que riche et dont les parents, le plus souvent pour ne pas dire toujours, avaient du mal à s'exprimer en français. Toutes ces populations issues du bassin méditerranéen, étaient pour la plupart des immigrés récents et commençaient à peine, à s'adapter à leur nouveau pays. Ces honnêtes travailleurs, la plupart du temps nos arrières grands parents, sont notre fierté, notre fierté d'être PN, certainement cette même fierté dont parlait cette dame. A moins d'être née dans une propriété imaginaire du grand colonat, (il n'y en avait pas à Bab el Oued et à Belcourt) lequel d'entre nous aurait l'audace de prétendre le contraire ?
Cette réaction discourtoisement PN est un reflexe et un symptôme souvent incontrolable que bon nombre de nos compatriotes diagnostiquent. AUCUN D'ENTRE NOUS n'y échappe. Voilà pourquoi en ce qui me concerne,ayant comme nous tous le sang chaud, j'évite de réagir par retour, à toutes les écrits qui circulent sur le net.
La courtoisie n'étant pas la qualité principale de nombreux donneurs de leçons qui connaissent peu ou mal leur histoire, nous nous retrouvons, 45 après toujours aussi aveugles et intolérants, d'où notre incapacité à nous unir.
Quand à Dame Rose, une autre anonyme qui m'a bêtement assaisonné, je lui demande de parcourir tous les articles de ce blog, les réponses à toutes ses questions y sont, y compris cet amour démesuré de la France qu'elle me reproche de ne pas avoir...
C'est vrai que l'amour rend aveugle, mais rassurez vous, madame, j'ai toujours une vue excellente.
Encore un mot...désaccord n'est pas forcément animosité...
" Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire."
H.B



 

 

Re:

Je vous félicite pour votre réponse sur Camus.Je suis particulièrement heureux que les Pieds Noirs (et aussi  les Algériens) le découvrent ou le redécouvrent car, personne mieux que lui, ne les a compris et représentés. Je suis Pied Noir moi-même, demeuré en Algérie jusqu'en 1968 où j'ai eu l'immense honneur de passer en 1966 un DES de lettres avec la regrettée Jacqueline Lévi Valensi qui a tant fait pour la mémoire de Camus. Ce n'était pas chose facile pour elle car, alors, Camus n'était pas en odeur de sainteté auprès des Algériens, comme il ne l'avait pas été en janvier 1956 auprès des Pieds-Noirs lorsqu'il était venu défendre sa trêve pour les civils  et qu'il avait été menacé, insulté, injurié. Il y a peu encore, dans une réunion de nos compatriotes, l'un d'entre eux me soutenait qu'il avait été un traitre. Nul n'est prophète en son pays, c'est bien connu. Cela dit, je trouve déplacée la réaction de la LDH de Toulon qui s'insurge contre l'idées de graver une citation de Camus sur le mur des disparus de Perpignan. Là, pour le coup, il y a récupération. Si elle connaissait un peu mieux l'homme Camus, elle saurait que rien n'aurait pu lui faire autant plaisir que de revenir parmi les siens. Continuons donc à le faire connaître et à défendre sa mémoire

 

 

Re: Camus, mon frére,

Je ne suis pas trés calée.je n'ai même pas mon certificat d'études, ayant du commencer a travailler dans le Cafe' de mes parents a' l'age de 12 ans.( Le même où Camus venait boire son cafe' le matin avec les employés d'Alger Republicain .) 

Je ne peux  même pas dire que je comprend pas tout ce qu'il a écrit, sauf pour le "Premier homme" publié par sa fille aprés sa mort. Camus a capturer mon cœur quant dans la dédicace du livre il avait écrit: 
"A toi Maman qui ne liras jamais ce livre"

Mais je crois que finalement il a parler pour nous tous -les derniers des Mohicans, les déshérités de l'histoire, quand il a écrit, pendant son séjour maussade à Prague:

"Au milieux  de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible."

Et mes chers amis, personne, personne, je répète personne-ni Simone de Beauvoir ni son amant infame (qui a perdu le prix Nobel à notre Albert!)  pourra nous enlever ce soleil qui reigne en nous toute l'année, et qui Ramdullaah! restera avec nous jusqu'au dernier de Nouzots!

Pierrette.

 

 

Re: Camus, mon frére,

PS: Camus est trés connu dans le monde entier, notamment en Amérique où je réside. Et je pense que la meilleure biographie de 420 pages, a èté écrite par un Anglais du nom d' Olivier Todd, intitulé: "Albert Camus, une vie." le dernier paragraphe, trop long pour moi de recopier içi est un hommage touchant et poignant, encore plus venant d'un homme, un étranger... qui n'est pas un de notres.

Pierrette.

 

 

Re: Camus, mon frére,

PS: Camus est trés connu dans le monde entier, notamment en Amérique où je réside. Et je pense que la meilleure biographie de 420 pages, a èté écrite par un Anglais du nom d' Olivier Todd, intitulé: "Albert Camus, une vie." le dernier paragraphe, trop long pour moi de recopier içi est un hommage touchant et poignant, encore plus venant d'un homme, un étranger... qui n'est pas un de notres.

Pierrette.

 

 

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    amitiés
  • bapceres : A l'occasion du mois sacré de Ramadan qui commencera cette année début septembre, nous transmettons à tous nos amis de confession musulmane, notre plus sincère amitié.
    H.B
  • Pierrette : Surtout n'aller pas nager, comme mon camarade Aidoun le pauvreto, il a recu une bonne tannee de son pere, qui pensait que son fils avait avaler de l'eau pendant qu'il nager..
    Oye oye oye..

    Pierrette
  • aladin : slt je tien a te remercie claude garcia pour la publucation des BD sa ma rapeller ma jeunesse des annee 50 a 60 et moi en retour des photos de souvenir de tous les cartiers d'oran de cette epoques abientot.

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La réconciliation en marche...

LA RECONCILIATION EN MARCHE... Aujourd'hui, malgré une nostalgie toujours aussi vivante,mes sentiments à l'égard de mon pays sont inchangés.Un mélange d'amour et de regrets. Comme beaucoup de mes compatriotes, qui sans avoir tourné la page ou renié leur passé, j'ai choisi d'illustrer une autre facette de ce que la communauté pieds noirs a l'habitude de montrer. Lassés de voir nos représentants souvent auto-proclamés s'agiter bêtement autour de certains leaders, reprenant à leur compte ce qu'il n'est ni permis de dire, ni de penser, nous sommes de plus en plus nombreux, de part et d'autre des deux rives, à penser qu'il est temps de faire connaître et d'exhiber les relations fraternelles qui existent entre nos deux peuples. Dans les deux camps, une minorité d'agités complètement dépassés continuent d'entretenir un état d'esprit revanchard et un climat de haine, occultant, camouflant et semblant complètement ignorer les réelles relations d'amitiés qui les unissent. Cette vision à sens unique de l'Histoire largement soutenue par une propagande souvent démesurée ne trompe plus grand monde. Savoir, comprendre et découvrir "la Vérité sous toutes ses formes" jusqu'ici falsifiée d'un côté et souvent inventée de l'autre devient une nécessité absolue. Certaines déclarations alambiquées, plus folkloriques que représentatives de l'opinion publique algérienne ne doivent pas freiner notre enthousiasme. La réconciliation, mektoub, est en marche...Un premier pas que Pieds Noirs et Algériens sont peut être disposés à franchir ensembles.

L'Emir

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