Chers amis,
je ne peux m'empêcher de publier un extrait de l'Edito de notre compatriote Jacques TILLIER, directeur et éditorialiste du plus grand quotidien de notre île. Si vous ne connaissez pas ce compatriote de Fort de l'Eau, courrez vite sur Google faire sa connaissance, vous ne serez pas déçus.
En quelques mots selon Jacques..."au Journal de l’île nous avons volontairement un ton qui décoiffe, qui nous fait grimper les marches parfois un peu vite et gagner des lecteurs, qui nous coûte aussi beaucoup, en procès, en diffamation, en chicaneries diverses."..."Qu’en marge du Journal de l’île toute l’entreprise se bouge pour trouver des idées, amener le journal vers de nouveaux lecteurs, tirer les ventes, créer des suppléments, « Télé Journal », « Femme », « Mecanic », à l’exemple de Clicanoo, en faire le premier site Internet référencé de l’océan Indien, en complicité avec radio Nostalgie à qui nous donnons enfin les moyens de lutter à armes presque égales contre les autres radios. Et demain peut-être, s’il plaît à Dieu, OITV verra le jour, la première télé d’information de la zone océan Indien..."
Mais revenons à ce qui nous concerne... Jacques Tillier cette semaine était à Paris...
" Du coup, j’en ai profité pour aller mercredi dernier me faire une toile, voir le film « Indigènes », qui vient de sortir, à la gloire des oubliés des armées d’Afrique, tabors, spahis, tirailleurs sénégalais... de ces soldats qui ont combattu, sont morts ou ont été mutilés, assassinés parfois, aux ordres, sous le drapeau tricolore, pour libérer
Tout cela m’amène à vous parler de Chirac, Jacques, que je soupçonne d’être en campagne électorale, qui ne manque ni d’air, ni de poumons, que c’en est limite scandaleux, qu’a fait semblant de découvrir, sept mois avant la présidentielle mais après avoir vu le film en avant-première, que depuis
Et je vous explique pourquoi monsieur Chirac nous prend vraiment pour des couillons, même s’il vaut mieux tard que jamais, même si, c’est tout bon, comme à l’époque y’avait bon Banania, pour le lancement du film, l’image de Chirac Jacques et au passage tout bénéf pour les caisses de l’Etat, vu que quarante ans après les rangs des tirailleurs sont plutôt clairsemés, parce qu’il ne reste plus grand-monde à revaloriser parmi les décorés qui traînent sous le soleil leurs vieux boubous, leurs burnous éculés de Conakry à Dakar, d’Alger à Saïgon, de Tombouctou à Rabat en passant par le Mali...
Si Nicolas Sarkozy a ses potes, Johnny Halliday et le doc Gynéco, Chirac a les siens. Jamel Debbouze est de ceux-là, lequel joue et fait même plus que ça dans le film « Indigènes ». Un long métrage à gros pognon dont on dit que le producteur pistonné par le château n’a pas eu trop de mal à trouver les millions d’euros pour réaliser le film...
Jusqu’ici ça va, même si l’on est dupe de rien et surtout pas des copinages artistico-politiques. Reste que ce film est bon, qu’il a l’avantage d’exister, de remettre d’une part un coup de Kärcher sur la mémoire ensevelie sous les crottes de pigeon, de l’autre les pages de l’histoire de France dans le bon ordre et à leurs places ces 300 000 soldats d’Afrique, rien que ça. C’est de la bonne repentance.
C’est après que ça coince, que l’histoire renifle le bon vieux coup médiatico-politique bien monté, la manipulation aussi, lorsque depuis l’Elysée, Chirac, après avoir vu le film, balance de retour au château un communiqué de repentance envers les soldats d’Afrique, les indigènes, qu’il se déclare bouleversé et que dans la foulée, les associations d’anciens combattants sont invitées à se pointer dare-dare à Matignon où Dominique de Villepin les accueille à bras ouverts sur le perron en promettant illico presto au nom du chef de l’Etat une revalorisation immédiate des pensions au bénéfice des vieux soldats d’Afrique, ces oubliés de l’histoire... Inutile de vous dire que la valorisation ne sera pas rétroactive. Faut quand même pas pousser trop loin l’aumône due aux indigènes. Sauf qu’à l’exception du Français de base, les oubliés n’avaient été oubliés par personne.
Au plus haut sommet de l’Etat, on savait. Les gouvernements savaient. Le ministère des Armées savait. Le ministère des Anciens combattants savait. Savaient aussi les chefs d’Etats qui ont succédé à De Gaulle et plus encore Chirac Jacques, lequel a passé son temps pour de multiples raisons d’ailleurs à se trimballer sur le continent africain, à serrer les louches sitôt débarqué de l’avion de tous les anciens combattants africains survivants de toutes les guerres, victimes de cette discrimination. A sept mois de présidentielle, le coup est bon, l’Afrique applaudit. C’est tout de même plus présentable que son candidat de ministre de l’intérieur, lequel vire de France les enfants et petits enfants des soldats d’Afrique à coup de pompes dans le cul. Bref, tout le monde savait. Faut savoir en effet que depuis des décennies, devant toutes les ambassades de France de tous les pays d’Afrique francophone, chaque fin de mois, chaque trimestre, c’est selon, des files, de moins en moins longues hélas, boubous et burnous décorés, de
Alors, quand on sait tout ça, et encore on ne sait pas tout, quand le chef de l’Etat se paye une toile entouré du tout Paris, découvre le programme de l’histoire de France, et en fait tout un cinéma, on se demande de qui on se fout. Cela dit, le temps que les indigènes passent à la caisse, que Bercy trouve le pognon, il devrait administrativement s’écouler encore quelques longs mois, un autre président de
Et cela sera toujours ça de gagné...
Voir le site http://www.alger50.com où Marc Morell a fait un article intitulé...
Les indigènes, les étrangers, le mépris et Djamel Debouzze !
Une fois de plus Marc traduit bien des sentiments que bon nombre d'entre nous ressentons.

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