
Quand j'étais p'tit à Bab el Oued
CHAYAT_BEO.mp3
Chanson de Raymond Chayat injoingnable sur le net pour lui demander son accord de passer son tube.
Comme je crois l’avoir déjà dit quequ’part, j’habitais à Bab el Oued, au n°7 de la rue Mazagran. C’est là que je suis né, dans la chambre de ma grand-mère, une maîtresse femme qu’on disait alors, que tout l’monde y s’tenait un sousto d’elle à plus d’un kilomètre à la ronde. ( le sousto, c’est la peur opu quand t'y a rhaf)
Cette rue Mazagran, que dans ma tête et mon exil, c’était devenu une large avenue, elle partait du haut du cinéma le Marignan pour finir en bas des escaliers vers la mer du côté de l’avenue Malakoff. C’est fou comme elle a rétrécie depuis !
J’sais pas si vous avez fait « enttention », mais chez nous les noms des rues elles étaient plutôt à la gloire de
Notre quartier c’était des noms qui chantaient bien
Plus chauvins, plus français que nous, à l’époque, même en France, tu trouves pas ! (après on s’est vite aperçu qu’c’était pas la même chose en France, mais c’était trop tard !)
Mon quartier ou plutôt mon territoire y s’étendait de chez Monsieur Narcisseau au nord jusqu’ au café Cadix au sud pour la rue Rochambeau, coupant les rues Koeklin, Mazagran, Dombasle et Cadix que la moitié elles z’existent plus à cause les inondations.
A propos du café Cadix, Pierrette Camps, la fille ainée du patron que aujourd’hui elle habite à Miami, elle me racontait que quand elle était petite, Albert Camus qui travaillait à Alger-Républicain, celui qui s’est pris deux ou trois fois une strounga, y venait chaque matin boire un café chez son père. Albert, c’était en queque sorte une relation à Pierette. ( cette anecdote est bien vraie comme tout le reste d’ailleurs)
De nombreux personnages y z’ habitaient ces rues, rejouant chaque jour avec les mêmes mimiques les personnages qu’ils auraient voulu être. Ces scènes souvent burlesques se terminaient toujours pour la plus grande joie des habitants, dans des fous rires ou devant une anisette.
Les plus célèbres, Baboeuf, Martoune, Di Mimi ou François Apicela jouaient chaque jour, comme en véritable représentation, des rôles d’homme d’affaires, de durs ou de don juan. François Apicela, une sorte d’Escartefigue façon Bab el Oued, était le plus mauvais coucheur du quartier, toujours en casquette, une large ceinture espagnole sur un tricot marin, ce brave homme officiait sous les yeux de sa redoutable et corpulente femme qui trônait à l’autre extrémité de l’épicerie au milieu des rayons d’ anchois encore en fûts, des harengs, des grandes cuves de vin et de la pompe à pétrole. Mélangeant dans une odeur de fondouk tous les parfums de notre jeunesse, la mère Apicéla, qui avait une machine à calculer, détraquée toujours à son avantage dans la tête, vendait une des meilleures soubressade de Bab el Oued.
Maurice le sacristain était également une figure du quartier, une forte claudication en avait fait le bras droit du père Streicher, autre personnage aussi turbulent qu’incontournable. Ce merveilleux curé, plus efficace et moins comique que Don Camillo, distribuait à tours de bras, autant d’absolutions que de calbottes ou de coup de pieds au cul. C’était une véritable terreur. Le dimanche, j’me rappelle comme si c’était hier, il apostrophait ses fidèles en rappelant à ces dames que la messe c’était autre chose qu un défilé de mode. Après l’indépendance, il revint plusieurs fois de son Alsace natale à Marseille pour marier quelques enfants du quartier. (deux magnifiques photos du redoutable père Streicher sur Alger- roi.net)
http://alger-roi.fr/Alger/guillemin/pages_
liees/50_pere_streicher1_tallieu.htm
Dans ce monde qui vivait dans la rue, le moindre incident, prenait des proportions théâtrales insoupçonnables.
Ma grand-mère, qui aurait pu être adjudant ou clairon chez les zouaves, que dis-je un général, était une jeune vielle. Elle se levait le matin au z’ aubes naissantes et avec une délicatesse recherchée, à coup de claquements de portes, de bruits de vaisselles, de casseroles et de réflexions fortes en décibels, s’arrangeait à réveiller la maison en moins dix minutes. La préparation des repas commençait très tôt et parfumait agréablement ou abominablement l’atmosphère selon qu’elle préparait du choux fleur, des tripes ou du couscous. Venait ensuite le nettoyage quotidien de la maison qui se faisait à grande eau dans toutes les pièces et dont le trop plein souvent excessif allait se déverser par les balcons sur Monsieur Lévy, (toujours le même), et sur son fils Claude qui chantait à tu tête en cognant les carrosseries pour les redresser. Monsieur Lévy, pourtant un personnage pas facile, après plusieurs tentatives, avait pris le parti de ne plus rien dire de peur de recevoir en suppléments certains ustensiles qui auraient pu être volontairement contendants.
La matinée passait ainsi avec des intermèdes qui variaient selon les jours. Mohamed le commissionnaire du quartier, le matin assez tôt, portait régulièrement le journal, et venait mémoriser la liste des commissions, car bien évidemment il ne savait ni lire ni écrire.
Ce jeune homme qu’on appelait Temtem, à cause d’un bégaiement épouvantable qui déclenchait souvent des crises de rires pour nous et une crise de nerf pour lui, était l’homme à tout faire de toutes les grand mères du quartier. Les comptes interminables de ces impossibles transactions se terminaient presque toujours, pour le principe, par des scènes tragi-comiques d’où le pauvre commissionnaire ressortait plutôt essoufflé. Certains esprits compléxés, aujourd’hui nous traiteraient de colons et de racistes !
Vers onze heures et seize heures passaient les marchands d’habits, sorte de brocanteurs qui rachetaient pour trois fois rien tout et n’importe quoi, pour vue que le prix soit bas.
Deux « soulards » qu’on appelait des « gazistes » ou des « kilos » faisaient partie de cette faune protégée. Saïd et Kadour connaissaient tous les habitants du quartier chez qui ils pouvaient récolter en portant un panier ou en déchargeant un véhicule les quelques pièces qui leur permettaient d’acheter leur litre de vin ou leur ration d’alcool à brûler.
L’après midi, après la plus forte chaleur, généralement vers 15h 30, les nombreuses dames du quartier passaient au balcon et y papotaient jusqu’ en fin de journée, le temps de se remettre vers 18 h devant les fourneaux et préparer le repas du soir.
Ainsi passaient les journées de la plupart de ces mères de famille qui régnaient sur leur maison en despote. Les maris et les enfants, au travail ou à l’école avaient une intendance parfaite et un mode de vie simple certainement identique à tous ces peuples latins, arabes ou juifs du bassin méditerranéen.
Je me souviens d’une anecdote que l’on raconte régulièrement dans la famille depuis plus d’un demi siècle et qui chaque fois elle déclenche le comble de la joie et de tronitruants fous rires.
Une fin d’après midi, vers 18h, ma marraine et ma grand-mère qui depuis trente ans elles occupaient, été comme hiver, les deux strapontins de l’observatoire que y se trouvaient sur le balcon de notre maison, se rendirent compte qu’une dame, qui devait avoir rendez vous au coin de notre rue, manifestait des gestes d’impatience. Comme rien de ce qui passait dans la rue n’échappait à ces esprits observateurs et critiques « que Hercule Poirot c’était un amateur à côté, » leur esprit fertile et inépuisable se mit en marche et la ressemblance avec une autre personne originale du quartier fut décrétée et confirmée en quelques minutes. Hors la personne en question, pour le plus grand malheur de celle qui piaffait au coin de notre rue, était dans un hôpital psychiatrique. De plus pour rester dans l’ambiance dramatico-tragique de ce qui aurait pu être le livret d’un opéra-comique, le mari de cette dame avait refait sa vie avec une autre personne d’où était née une adorable petite fille. j'vous dis, Dallas mais en plus pauvre!
Tous les ingrédients y z’étaient là pour faire de cette scène la pièce maîtresse d’une oeuvre gigantersque que même Corneille ou Racine y z’auraient payé une fortune pour avoir ma grand-mère et ma tante comme auteurs interprètes.
Nos deux dramaturges après s’être concertées longuement décidèrent d’alerter le mari, (à cette époque le téléphone arabe y coûtait moins cher que les portables et il allait à toute vitesse), qui, certainement reconnaissant ne se fit pas longtemps attendre. Comme dans un film de gangsters américain, celui-ci arriva en trombe, sauta de sa voiture, jeta un sac de toile de pommes de terre sur la tête de cette brave dame en l’engouffrant énergiquement à l’intérieure du véhicule qui démarra en trombe…et quelle n'a pas du t' être la surprise de cet homme d’action, énergique et efficace, quand il s’aperçut au bout de quelques instants que la kidnappée n’était pas son ex femme. A ce moment précis, ce brave homme a du ressentir des pulsions de meurtrier et débiter les plus belles injures de notre répertoire...
J’ai encore en mémoire les réactions des deux coupables qui plus de quarante ans après essayaient de se justifier, tentant d’obtenir des circonstances atténuantes que notre hilarité chronique ne pouvait rendre prescriptible. En 1986, ma marraine, au terme de son existence, à quelques semaines de la fin, riait encore aux éclats en m’entendant lui raconter ce fait divers qui avait du avoir lieu aux environs de ma naissance.
Des évènements d’une telle intensité étaient courants dans cette énorme coure des miracles qu’était ce grand faubourg de Bab el Oued où vivaient plus d’une centaine de milliers d’habitants.
Une autre figure de Bab el Oued qui était à elle seule un véritable monument de l’imagerie populaire et pataouette, officiait comme coiffeur en plein cœur de Bab el Oued à deux pas des Trois Horloges.
Antoine Pappalardo, tonton Antoine comme on l'appelait était une forte personalité de célèbre faubourg. Confident de tous les grands personnages de la capitale et par la suite dans le secret des grands chefs de l’OAS, il était en plus de sa gentillesse, de sa convivialité et de sa bonne humeur, le personnage le plus menteur, le plus comique, le plus farceur et le plus gentil de Bab el Oued et peut être même de la ville d’Alger, et peut être même encore de toute l’Algérie. César, Maitre Panis et Honorine étaient des débutants à côté de lui.
Né en Italie, il débarque à l’âge de deux ou trois ans d’un lamparo venant tout droit de Napoli, origine qu’il défendra stoïquement et courageusement face à sa belle mère et surtout à l’occasion de match de foot ball. Engagé dans la marine quelques années avant la guerre, il fut démobilisé au commencement de la seconde guerre mondiale, ce qui lui valu de passer presque dix ans sous le pompon rouge. Jeune veuf, il se remariera à une beauté hispanique qui le fera entrer dans un conflit Italo-espagnol qui nous comblera souvent de joie et qui durera jusqu’à la fin de sa vie.
Son salon, véritable scène d’un théâtre populaire ne désemplissait pas malgré les piètres prestations artistiques d’Antoine qui signait ses coupes de cheveux par de grands coups ciseaux trop généreux à vous défigurer même les plus fartasses. Les jeunes de la famille s’arrangeaient du mieux possible pour ne pas passer entre les mains du maître lui préférant de beaucoup les services de son neveu Pierrot. Nous aimions tellement Antoine, que bon nombre d’entre nous, grand pères, pères, enfants et plus tard petits enfants avons continué à fréquenter son salon à Marseille où pour les mêmes rigolades, la même gentillesse et aussi peut être pour retourner le temps d’une coupe à Bab el Oued, nous ressortions toujours aussi mal coiffés. La victime principale d'Antoine était son neveu Pierre Henri, qui resortait à chaque fois complètement scalpé des mains de son oncle, ce qui avait le don de déchaîner l'ire de sa mère et de nous faire casser de rire.
Le père d’Antoine, Pierre était un homme qui avait les 75 ans passés quand j’en avais une dizaine, ce noble patriarche avait une allure distinguée qui en fit jusqu’à la fin de sa vie un bel homme. Ayant décidé un jour de quitter son village idyllique mais miséreux de Cetara dans le golfe de Naples, il embarqua sur son lamparo (légende ou réalité) sa famille nombreuses. Antoine l’aîné, Angèle et Joseph (qui devait devenir mon oncle), et rejoignit sur sa frêle embarcation la côte est de l’Algérie dont Chifallo était le point de ralliement de tous ces immigrés italiens. Après un bref séjour à Nemours à l’extrême ouest de l’Algérie où une quatrième fille Annie viendra au monde, tout le monde revint dans le quartier de la marine puis à Bab el Oued pour s’y enraciner définitivement. Du moins le croyaient ils !
Un autre épisode douloureux des quelques familles proches ou alliées à la notre fut le mariage de ma grande tante et marraine Marcelle, la sœur de mon grand père avec mon grand oncle par alliance Ahmoud Hafiz, un arabe, "un rholotos" comme vous l’avez deviné !
Fringuant bel homme au port de tête impérial, d’origine ottomane , Hamoud Hafiz que nous appelions Tonton Hamoud avait au-delà d’un nom bien persan une ascendance turque. Descendant des grandes familles algériennes, cet oncle était un homme imposant. Malheureusement pour nos sociétés de l’époque qui n’admettaient pas la mixité, cette union fut rejetée de part et d’autre des deux familles. En ce temps les mariages mixtes étaient mal vus et les quelques exemples malheureux d’Aurélie Picard ou d’Isabelle Heberhardt illustrent tout à fait les énormes préjugés de deux sociétés qui vivaient déjà ensemble depuis presque 100 ans. Tonton Hamoud avait une usine de fabrication de dragées qui se trouvait rue Rochambeau juste à côté de la coure des miracles. De grosses turbines, une sorte de bétonneuses, enrobaient les amendes de sucre sous les yeux émerveillés de tous les enfants du quartier qui appréciaient la générosité de Papa Hamoud.
Près d’un siècle après, les descendants et les familles de Papa Hamoud rient de leur histoire et se retrouvent souvent avec une joie partagée de part et d’autre de la méditerranée.
La rue Mazagran comparée aux riches maison des hauteurs d’Alger était une rue que le soleil et le bout de méditerranée qu’on apercevait en bas à la Consolation, y l'empêchaient d’être sordide. Peuplée de pauvres et simples familles, des gens heureux où se mêlaient quelques commerçants plus aisés, des employés de banques, d’administrations, des fonctionnaires, des enseignants, rarement des bourgeois.
Quelques enfants du quartier deviendront docteurs, pharmaciens ou commerçants de haut niveau. Tous resteront des gens simples dont la plupart découvriront après l’exode le luxe dont commençait à jouir depuis peu, la classe moyenne française.
A écouter certains fabulateurs qui nous amusent énormément et qu’un aplomb épistolaire place au dessus de tous soupçons, (Hé oui ! je parle du conte Zinzin de mes deux) certaines de ces familles jouissaient d’une aisance qui nous aurait permis de nous considérer comme une classe privilégiée .
S’il y avait des riches à Bab el Oued, ils n’habitaient sûrement pas notre rue, mais il est vrai que note niveau de vie, de par notre éducation judéo-chrétienne, était au dessus de niveau de vie de l’arabe d'en bas...comme y dirait l'aut' couillon. Quelques mythomanes, (vous pouvez pas suivre mon regard trois lignes plus haut) disais-je, faisant parti jadis d’une nombreuse cohorte de tchaleffeurs, propriétaires de domaines imaginaires, s’honorent de la pompeuse réussite sociale de leur famille en Algérie. A cette époque Dalida, elle avait pas encore sortie sa chanson, Paroles, paroles, paroles...le plus rigolo, c'est qu'à force de le dire, y a vraiment qu'eux qui y croient.
Dans notre quartier où le niveau scolaire a rarement dépassé le brevet élémentaire pour les plus doués, nous n’avions guère de petits copains qui montaient à cheval ou qui faisait du karting. La grande majorité jouait au foot ball avec une pelote de chiffons se servant des égouts du quartier pour faire les but, où il fallait plonger la main pour reprendre la balle.
Ces tchatcharones, les italiens y disent des squartchounes, qui nous racontent toutes ces sornettes y passent totalement à côté de la réalité que elle est aussi belle que toutes les salades qui peuvent se raconter et qu’y sont les seuls à croire. Mais ces comédiens qui se prennent un peu pour l’aristocratie imaginaire du petit peuple de Bab el Oued, y s’appliquent encore à jouer des rôles de décomposition qui nous comblent toujours de la même joie, sauf quand ces personnages dont les plaisanteries parfois trop longues et trop lourdes elles dépassent les bornes. Souvent les premières victimes de leurs rêves, ils parviennent quelques fois à éblouir quelques gogos admiratifs et les entraîner un moment dans un tourbillons d’illusions .
Nombreux furent les Pieds Noirs, rentrés avec deux valises en carton (achetées assez ironiquement à la va-vite au moment de l’exode, aux arabes en bordure du port), à regretter ces propriétés imaginaires qui allaient de paire avec un train de vie tout aussi chimérique. A cette époque, il y avait belle lurette qu'les riches y s'étaient déjà barrés.
La plupart des ces gens, de conditions modestes, souvent étrangers, avaient bouleversé leur vie, appris une langue, fait des études presque toujours brèves, avaient travaillé laborieusement avec l’unique soucis de nourrir leur famille. Leur univers s’arrêtait pour la plupart à la rue Bab Azzoun. Très peu d’entre eux pensaient seulement à s’exporter au-delà du faubourg où vivait la bourgeoisie. Les hauteurs de la ville, qui comme dans toutes les capitales du monde abritent les riches demeures bourgeoises, leur étaient totalement inconnues. Deux mondes se cotoyaient sans vraiment se connaître. On peut imaginer ce que pouvaient bien penser les arabes...
Ces braves gens, qui les grands jours, s’habillaient comme les riches, semblaient vivre heureux. Les nouvelles générations commençaient seulement à s’intégrer et à s’adapter à la modernité sans toutefois aspirer à autre chose qu’un peu plus de confort. En découvrant Discophone, que l'enseigne elle est encore restée intacte, les gens de Bab el Oued allaient s'initier pour la première fois à la vente à crédit. Le monde moderne était en marche.
Très peu de femmes mauresques, femmes de ménage, avaient des chances de trouver des emplois stables dans ces familles. Il y avait des « commissionnaires » patentés qui travaillaient pour plusieurs familles, quelques fois des employées de maison embauchées à l’heure. En de rares occasions, des jeunes filles du bled étaient placées plus au moins au pair, devenant membres à part entière de la famille.
Cette escapade en souvenirs heureux sur les lieux de mon enfance est comparable à ces longs feuilletons interminables de
Certains ont pu ou voulu y retourner peut être trop tôt et sont majoritairement revenus déçus, d’autres pensaient ne jamais revoir ce coin de terre jamais oublié jusqu’à cette époque où l’appel et l'accueil des algériens fait renaître un passé de part et d’autre regretté, et que nous ne pensions plus retrouver.
Ce fut mon cas, moi qui ne voulait à aucun prix, voir le drapeau fellagha flotter sur Alger, qui fut un partisan convaincu de l’Algérie Française et qui musulman,aurait été certainement fellagha.
Depuis l’indépendance, projeté dans le camp des perdants, je rumine, j'analyse et j'essaie de comprendre souvent l’incompréhensible. Puis voilà que depuis quelques mois, deux années au plus, des idées de retour se précisent. Et cette même question qui ne cesse de revenir dans ma tête…Au fond ne me sentirais je pas plus algérien que français ? Qui c'est le babao qui peut répondre objectivement à cette question?
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