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Mes racines sont en Algérie, mon coeur est en France, mon esprit est comme un arc en ciel au dessus de la méditerranée. Claude Garcia.


Sauvons la Casbah d'Alger

AMIS PIEDS NOIRS ET ALGERIENS, freres de terre ! Un colossale patrimoine de l'Humanité est entrain de disparaitre un peu plus chaque jour. Comment un pays si riche, patrie de Racim, de Dinet, d'Abd el Kader peut laisser s'engloutir cette citadelle bâtie sur un site unique au monde. Comment les dirigeants Algériens peuvent ils laisser disparaitre 1500 ans d'histoire alors que celui qui sauverait la Casbah d'Alger s'illustrerait et accèderait par ce geste au premier rang des grandes figures de l'Histoire comme Hassan II ou François Mitterand. Dans peu de temps la Casbah d'Alger sera remplaçée par des building, c'est peut être là l'objectif inavoué de certains visionnaires d'une algérie nouvelle que nous ne reconnaissons et ne comprenons pas. Ce ne sont pourtant pas les grands hommes ni les moyens qui manquent en Algérie.

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 Une analyse de Marc Morell

Quelques points de repaires importants pour mieux aborder notre histoire.

  • bapceres
  • Mercredi 12/12/2007
  • 04:11
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Éléments d'histoire

...qui n'engagent que leur auteur, sachant les ardentes polémiques qui s'expriment encore aujourd'hui et continueront à s'exprimer longtemps sur une page d'histoire complexe, douloureuse et passionnelle... par ailleurs, certaines lectures ou discussions peuvent m'amener à modifier légèrement mon point de vue...cela peut se traduire dans le temps par des évolutions et des précisions apportées au texte suivant...

dernière révision, le 23 avril 2005

Origine des pieds-noirs

Les pieds-noirs d'Algérie sont les personnes nées en Algérie entre 1830 et 1962, descendants d'immigrés venus généralement de France, d'Espagne, de Malte, d'Italie, etc. au 19ème siècle ou au début de 20ème. Cette définition peut être "étendue" à la communauté juive implantée en Algérie et plus généralement en Afrique du Nord bien avant 1830 et dont la plupart des ressortissants ont du quitté l'Algérie en 1962 ou dans les années qui ont suivi (crise au Proche-Orient de 1967). En savoir plus sur l'origine du mot pieds-noirs...

Pourquoi les pieds-noirs ont quitté l'Algérie en 1962

Les pieds-noirs auraient pu rester en Algérie après 1962 mais la guerre entre la France et le mouvement d'indépendance avait laissé, à travers ses drames, de vives rancoeurs. Les chiffres plus ou moins officiels donnent un peu plus de 30 000 morts du coté des français (militaires métropolitains et pieds-noirs, le décompte est rigoureux) et probablement entre 600 000 et un million de victimes du coté des arabes (incluant les actions de rétorsion du Front de Libération Nationale). Les atrocités commises - dont aucun camp n'avait l'exclusivité - ont fait que la plupart des pieds-noirs craignaient des vengeances (cela a été le cas pour des milliers d'entre eux enlevés et disparus dans les semaines qui ont précédé et suivi l'indépendance) et des spoliations de biens (cela s'est vérifié lors des décisions de nationalisation qui ont accompagné et suivi l'indépendance).

Certains affirment que le terrorisme de l'OAS qui s'en est pris aveuglement à la population algérienne a mis fin à toute possibilité de cohabitation entre algériens d'origine arabe et européenne. Notamment à Alger, plus d'attentats furent commis par l'OAS pendant les 6 premiers mois de l'année 1962, qu'au cours de toute la guerre par le FLN. Il faut rappeler aussi que la guerre d'Algérie a fait au moins 20 fois plus de victimes parmi la population arabe que parmi les européens. D'autres pensent que cette cohabitation fraternelle n'était en fait souhaitée pas plus par les premiers hommes politiques algériens que par les pieds-noirs eux-mêmes. Je pense personnellement que les arguments des uns et des autres sont malheureusement exacts.

Mon analyse personnelle de l'histoire de la Guerre d'Algérie

Quelques constats :

- La guerre était inévitable, suite logique de la colonisation d'un peuple qui a recouru à la lutte armée et au terrorisme pour faire valoir ses droits ; avait-il d'autres solutions pour arriver à ses fins ? Beaucoup de combattants d'origine musulmane engagés auprès de la France - leur patrie, berceau des droits de l'homme - dans les conflits mondiaux de 1914 puis de 1940 espéraient devenir des français à part entière ; ce droit ne leur a pas été reconnu.

- Après des années de guerre (depuis le 1er novembre 1954), les réactions désespérées des pieds-noirs qui eux-aussi étaient chez eux - droit du sol dont on parle tant aujourd'hui - et qui ont été trahis par De Gaulle, étaient tout aussi compréhensibles. Elles ont malheureusement mené aux extrémités commises par l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète).

- Le nombre et l'identité des victimes montrent que les souffrances ont été largement partagées par les civils des deux communautés mais 20 fois plus nombreuses ont été les victimes du coté musulman.

Fallait-il espérer que la plupart des pieds-noirs accepte de vivre dans un pays dirigé par les "vainqueurs" de la guerre qu'ils venaient de perdre ? Sur un million de personnes, environ 30 000 d'entre eux seulement sont finalement restés sur place, parfois souvent les plus démunis et les plus âgés ayant peu de perspectives d'accueil et de réinsertion en France, mais aussi certains qui voulaient croire et contribuer à l'avenir de leur pays. La plupart d'entre eux a décidé de rejoindre - le plus souvent dans la précipitation et le dénuement - une patrie qui les avait trahis plutôt que de concéder le pouvoir à ceux qu'ils avaient dans le cas général considérés comme leurs "subalternes".

L'Histoire ne doit pas oublier le sort réservé aux Harkis (180 000 "supplétifs" arabes qui se sont battus pour la France contre la rebellion). Des dizaines de millers d'entre eux (probablement 60 000), honteusement désarmés et abandonnés par la France ont été massacrés dans les jours qui ont suivi l'indépendance : des ordres avaient été donnés à l'armée française pour en rapatrier en France le minimum, 40 000 harkis et membres de leurs familles ont été "rapatriés" officiellement, environ 45 000 l'ont été clandestinement. Ceux qui sont entrés en France en 1962 et qui sont venus renforcer la communauté maghrébine déjà établie (environ 350 000 personnes) et qui a contribué à l'industrialisation d'après guerre, ont été reçus dans des conditions minimalistes, le plus souvent parqués dans des camps de fortune, n'ayant pas même un accés libre au territoire français..

A l'occasion de nombreuses émissions de télévision et de la parution de plusieurs livres sur le sujet, on a beaucoup évoqué ces derniers temps (2002) les atrocités liées aux actes de torture pratiqués par l'armée française. Chacun en parait surpris et outré. Pendant la guerre, ces atrocités étaient pourtant connues de tous. Il faut rappeler qu'elles se différenciaient de celles commises par le FLN ou par l'OAS, essentiellement par le fait qu'elles étaient institutionnalisées, approuvées par un appareil d'Etat et en l'occurence par les plus hautes Autorités gouvernementales françaises. C'est ce qui les rend encore plus inadmissibles.

Il est souvent dit que grâce à la torture pratiquée sur des terroristes ou complices et les informations obtenues, on déjouait des attentats. A cela, deux objections fondamentales la première d'ordre moral, la seconde d'ordre strictement stratégique :

- pour soutirer ces informations et déjouer de futurs attentats combien d'innocents ou de personnes qui n'avaient aucun renseignement à fournir ont été torturées puis, le plus souvent, achevées ?

- combien de musulmans, témoins ou victimes de ces pratiques barbares, ont basculé dans le camp de ceux qui prônaient l'indépendance et parmi ceux-ci, combien ont rejoint le camp des terroristes ?

Ces pratiques ne doivent cependant pas dissimuler les actes barbares "banals" commis par l'armée française à l'égard des populations civiles (villages brûlés, exécutions sommaires, viols, etc.) et qui ont probablement fait encore bien plus de victimes, pas plus qu'elles ne doivent faire oublier les massacres atroces de tous les innocents commis par le FLN dont ont été victimes bien plus d'arabes que d'européens ou les exécutions aveugles de civils par l'OAS au cours des années 1961 et 1962.

Les pieds-noirs ont été indéniablement trahis par De Gaulle qui a déclaré publiquement en 1960 : "Moi vivant, jamais le drapeau le FLN ne flottera sur Alger". Comment alors ne pas imaginer - après que De Gaulle ait clairement opté pour l'autodétermination qui devait conduire inévitablement à l'indépendance - le putsh des généraux puis au cours des derniers mois les réactions les plus violentes de la part d'une minorité activiste soutenue par un peuple abandonné et desespéré ?

Mais au cours de cette guerre, le plus grand déhonneur de la France a été - il faut le rappeler - cette lacheté innommable vis à vis des harkis qui avaient fait le choix, ou que les circonstances avaient conduit à faire le choix de leur patrie : la France. Leur abandon à la vindicte du FLN - précédé de leur désarmement - reste l'une des plus grandes hontes de l'histoire de France. Comme il est déclaré dans le DVD récemment sorti sur la guerre d'Algérie "en 1962, la France a contracté une dette d'honneur, celle de la confiance trahie envers ses Harkis qu'elle a accueillis à contre-coeur ou qu'elle a abandonnés lachement à la merci du peuple algérien". Il faut rappeler que les principaux responsables de cette trahison sont les membres du gouvernement français présidé à l'époque par Charles De Gaulle, dont Pierre Joxe était le premier ministre et Pierre Messmer, ministre des Armées.

La guerre d'Algérie a prouvé - si besoin était - que les mouvements de ceux qui luttent contre les injustices ne peuvent/doivent pas être réprimés par l'usage de la force et de la violence. On doit admettre que De Gaulle avait perçu que la repression du mouvement de libération n'apportait pas la solution au conflit et que seule une solution politique pouvait être apportée au "problème algérien". Il est regrettable qu'une solution algérienne permettant aux communautés de continuer à vivre ensemble n'est pas été trouvée. Mai a-t-elle été vraiment recherchée par plus d'un infime minorité d'homme de bonne volonté ?

Aujourd'hui, il est regrettable que certains en Israël - malheureusement actuellement les plus nombreux mais n'oublions pas les autres qui ont besoin de notre aide - n'aient pas assimilé cette leçon de l'histoire ?

Si seulement les "martyrs" de toute confession et de tout camp de la guerre d'Algérie pouvaient être morts pour instruire nos peuples et leurs dirigeants !

Vain espoir dans un monde où le pouvoir, le gain et les perspectives politiques à court terme dirigent le plus souvent nos desseins !

Aux anciens de trouver les voies d'une transition indispensable. Aux jeunes de faire bouger les choses dans la bonne direction et de réaliser parfois les indispensables révolutions, en espérant qu'ils seront plus sages que leurs ancêtres !

Indépendance et religions

Concernant les religions, malgré les excès commis lors de l'indépendance (destructions ou dommages causés aux cimetières chrétiens - églises converties en mosquées - ce qui était parfois un "juste" retour des choses ...) les pieds-noirs chrétiens ont généralement pu continué à exercer leur culte, mais dans un pays où l'Islam a pris le dessus comme religion d'Etat. Les juifs, dont la plupart étaient présents en Algérie bien avant les colons, ont quitté en grande majorité l'Algérie au moment de l'indépendance (voir l'histoire de la communauté d'Enrico Macias), ou plus tard en 1967, le plus souvent victimes d'un antisémitisme plus ou moins explicite.

Les liens entre la France et l'Algérie

Il est toujours émouvant de constater pour un pied-noir qu'une rencontre avec un Algérien vivant de l'autre coté de la Méditerranée ou à " l'étranger " est l'occasion d'échanges très amicaux empreints de fraternité, laissant loin derrière tout ce qui a pu les opposer.

La présence sur le sol français d'une communauté importante de français d'origine arabe et d'algériens est une conséquence naturelle de 132 années de colonisation et donc d'imprégnation des deux communautés. Elle constitue à la fois une richesse et un gage de paix, d'échanges et de coopération entre des peuples qui, au Sud, au Nord ou à l'Est de la Méditerranée, appartiennent à la même entité géopolitique...et finalement à un même quartier de ce village qu'est devenu la terre...

La position du gouvernement algérien qui s'obstinait jusqu'alors à refuser l'entrée sur son sol des harkis semble s'assouplir aujourd'hui (fin 2004). Les harkis sont les grands perdants de cette guerre et il est temps de reconnaître leurs souffrances et celle de leurs enfants. Beaucoup reste à faire coté français ; l'Algérie serait grandie de les accueillir comme des frères qui ont aimé la France et seulement choisi le mauvais camp de l'Histoire.

Quant à l'obligation pour les ressortissants français d'obtenir un visa pour séjourner en Algérie par simple mesure de réciprocité, il s'agit là d'une mesure qui ne peut que freiner les échanges entres nos deux pays et le développement touristique et économique de l'Algérie. Gageons qu'elle sera elle aussi rapidement abolie pour accélerer la coopération entre nos deux pays et - pourquoi pas - inciter la France à une réciprocité.

En guise de conclusion

L'Algérie et la France (par ordre alphabétique...:-) ont 132 années de leur histoire en commun.

A cette tranche d'histoire commune, s'ajoutent une quarantaine d'années supplémentaires pendant lesquelles la présence en France de français d'origine arabe et d'algériens, et dans une bien moindre mesure la présence de français et de franco-algériens en Algérie, ont perpétré cette communauté de vie et de pensée.

L'Algérie et la France d'aujourd'hui - leurs peuples et leurs gouvernants - sont plus proches que jamais non seulement d'une réconciliation sans arrière pensée mais d'un respect et d'une compréhension mutuels.

C'est dans cet état d'esprit :

- que nous ne devons plus tolérer de comportements discréminatoires en France ni de réactions de rejet en Algérie,

- que nous devons chacun à notre niveau favoriser les échanges entre nos peuples et,

- que nous ne devons laisser personne sur la touche, au risque de nous reprocher à jamais de n'avoir pas su comprendre que tous les acteurs de la guerre d'Algérie en ont été les victimes, produits hybrides de l'Histoire et de circonstances personnelles.

Marc Morell, 14 avril 2005

Commentaires

oui

 tout à fait d'accord avec cette analyse

 

 

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    Oye oye oye..

    Pierrette
  • aladin : slt je tien a te remercie claude garcia pour la publucation des BD sa ma rapeller ma jeunesse des annee 50 a 60 et moi en retour des photos de souvenir de tous les cartiers d'oran de cette epoques abientot.

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LA RECONCILIATION EN MARCHE... Aujourd'hui, malgré une nostalgie toujours aussi vivante,mes sentiments à l'égard de mon pays sont inchangés.Un mélange d'amour et de regrets. Comme beaucoup de mes compatriotes, qui sans avoir tourné la page ou renié leur passé, j'ai choisi d'illustrer une autre facette de ce que la communauté pieds noirs a l'habitude de montrer. Lassés de voir nos représentants souvent auto-proclamés s'agiter bêtement autour de certains leaders, reprenant à leur compte ce qu'il n'est ni permis de dire, ni de penser, nous sommes de plus en plus nombreux, de part et d'autre des deux rives, à penser qu'il est temps de faire connaître et d'exhiber les relations fraternelles qui existent entre nos deux peuples. Dans les deux camps, une minorité d'agités complètement dépassés continuent d'entretenir un état d'esprit revanchard et un climat de haine, occultant, camouflant et semblant complètement ignorer les réelles relations d'amitiés qui les unissent. Cette vision à sens unique de l'Histoire largement soutenue par une propagande souvent démesurée ne trompe plus grand monde. Savoir, comprendre et découvrir "la Vérité sous toutes ses formes" jusqu'ici falsifiée d'un côté et souvent inventée de l'autre devient une nécessité absolue. Certaines déclarations alambiquées, plus folkloriques que représentatives de l'opinion publique algérienne ne doivent pas freiner notre enthousiasme. La réconciliation, mektoub, est en marche...Un premier pas que Pieds Noirs et Algériens sont peut être disposés à franchir ensembles.

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